Face à l'épidémie de rougeole qui sévit aux États-Unis, les chercheurs développent de nouveaux traitements
Alors que les États-Unis enregistrent le plus haut nombre de cas de rougeole depuis des décennies, des chercheurs mettent au point des médicaments pour soulager les personnes infectées ou particulièrement vulnérables.
Résumé
Épidémie record aux États-Unis
En juillet 2026, les États-Unis font face à la plus forte épidémie de rougeole depuis 1991, avec 2 289 cas recensés, contre 285 en 2024.
Cette hausse s’explique par une baisse des taux de vaccination, qui permet au virus de circuler plus facilement.
La rougeole est une maladie extrêmement contagieuse : pour l’endiguer, il faudrait une couverture vaccinale de 95 %, selon les experts.
Cette couverture protège notamment les personnes immunodéprimées et les nourrissons de moins de 12 mois, trop jeunes pour être vaccinés.
Les enfants en bas âge sont les plus vulnérables aux complications graves, comme la pneumonie, les infections bactériennes, la surdité ou des lésions cérébrales potentiellement mortelles.
Les épidémies actuelles touchent particulièrement la Caroline du Sud et l’Utah.
Nouveaux traitements en développement
Face à cette résurgence, des chercheurs et entreprises biotechnologiques développent de nouveaux traitements contre la rougeole.
Parmi eux, des thérapies par anticorps monoclonaux, qui imitent les anticorps naturels produits par le système immunitaire pour combattre le virus.
Ces traitements, déjà utilisés contre le Covid-19, pourraient être administrés par voie intraveineuse ou par injection.
Une entreprise, Invivyd, basée dans le Connecticut, teste actuellement un tel traitement, mais il n’a pas encore été testé sur l’homme.
Les essais cliniques, coûteux (plusieurs millions d’euros), nécessitent l’appui de partenaires pharmaceutiques, souvent réticents en raison du caractère sporadique des épidémies.
La Food and Drug Administration (FDA), l’agence américaine de régulation des médicaments, doit encore donner son feu vert.
Antiviraux : une piste prometteuse
Une autre approche consiste à utiliser des antiviraux, des médicaments conçus pour bloquer la multiplication du virus.
Contrairement aux anticorps monoclonaux, ces traitements doivent être administrés très rapidement après l’apparition des premiers symptômes.
Des chercheurs de l’université d’État de Géorgie ont testé un antiviral oral sur des animaux (rats, furets, chiens) infectés par des virus apparentés à la rougeole, avec des résultats encourageants.
La prochaine étape sera de vérifier son efficacité chez l’humain.
Cependant, leur utilisation soulève des questions sur l’acceptation par la population, notamment dans un contexte où le mouvement antivax prend de l’ampleur aux États-Unis.
Obstacles économiques et sociaux
Le développement de ces nouveaux traitements se heurte à des défis économiques et sociaux.
Les essais cliniques, longs et coûteux, nécessitent des investissements importants, souvent difficiles à justifier pour des maladies comme la rougeole, dont les épidémies restent sporadiques.
Certains experts estiment que ces coûts sont nonetheless inférieurs à ceux engendrés par la gestion des complications graves, comme les cas d’encéphalite (inflammation du cerveau) mortelle chez les enfants.
Par ailleurs, la méfiance envers les vaccins et les traitements médicaux s’est renforcée aux États-Unis, notamment depuis que Robert Francis Kennedy Jr.
dirige le ministère de la Santé et des Services sociaux, alimentant le doute sur les solutions scientifiques.
Risque d’endémie à long terme
Plusieurs modèles épidémiologiques prédisent que la rougeole pourrait devenir une maladie endémique aux États-Unis d’ici 25 ans, même avec les taux de vaccination actuels.
Une maladie endémique signifie qu’elle circule en permanence dans une région, avec des flambées régulières.
Cette perspective souligne l’urgence de trouver des solutions pour protéger les populations vulnérables, comme les nourrissons ou les personnes immunodéprimées.
Des experts, comme Erica Ollmann Saphire, directrice de l’institut d’immunologie de La Jolla, estiment que ces nouveaux traitements pourraient jouer un rôle clé dans la prévention des complications graves, réduisant ainsi les coûts liés à la gestion des épidémies.
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