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Étudier aux États-Unis fait moins rêver qu’avant

Courrier International· 28 juillet 2026

Les étudiants étrangers sont moins nombreux à s’être inscrits dans les facs américaines. Les restrictions sur les visas, dont les conditions d’attributions sont devenues drastiques, le coût de la vie et la réduction de la liberté académique expliquent ce désamour.

Résumé

1

Baisse des inscriptions

Les nouvelles inscriptions d’étudiants étrangers aux États-Unis ont chuté de 17 % en 2023, selon des données rapportées par le quotidien allemand Die Zeit.

Cette baisse atteint même 20 % chez les étudiants allemands.

Ce phénomène marque un tournant dans l’attractivité des universités américaines, traditionnellement prisées pour leur prestige et leurs opportunités professionnelles.

Le chancelier allemand Friedrich Merz a récemment déclaré qu’il ne recommanderait plus à ses enfants d’étudier ou de travailler aux États-Unis, illustrant cette perte d’attrait.

Cette tendance s’inscrit dans un contexte plus large de recul de l’influence des États-Unis dans le domaine de l’éducation supérieure, visible aussi dans les classements mondiaux où leurs universités perdent des places.

2

Pressions politiques et financières

Plusieurs facteurs expliquent cette désaffection.

D’abord, les pressions financières et politiques de l’administration Trump ont rendu les études aux États-Unis moins accessibles.

Le coût de la vie y est élevé, les bourses pour les étudiants internationaux se sont réduites, et les visas sont plus difficiles à obtenir.

De plus, l’ICE (Immigration and Customs Enforcement, une agence fédérale américaine chargée de l’application des lois sur l’immigration) est perçue comme une source de craintes pour les étudiants étrangers, notamment en raison de son rôle dans le contrôle des visas et des séjours.

Ces mesures ont été renforcées depuis 2020, date à laquelle plusieurs États républicains comme la Floride et le Texas ont commencé à interdire des cours ou des sujets pour des raisons politiques, limitant ainsi la liberté académique.

3

Restrictions et censure académique

Depuis 2020, la liberté académique aux États-Unis est menacée, selon l’université Friedrich-Alexander d’Erlangen-Nuremberg (FAU).

Plusieurs États, comme la Floride et le Texas, ont interdit des programmes ou des thèmes jugés politiquement sensibles, comme les questions liées au climat, aux vaccins, ou encore aux genres et aux races.

Ces restrictions se sont intensifiées avec le deuxième mandat de Trump en 2025, entraînant des coupes budgétaires massives pour les programmes concernés.

Ces mesures ont dissuadé de nombreux étudiants, en particulier ceux originaires de pays sous travel ban (interdictions de voyage vers les États-Unis pour certains pays, comme ceux du Moyen-Orient), qui renoncent désormais à postuler.

4

Concurrence internationale accrue

Bien que les universités américaines restent globalement bien classées, elles font face à une concurrence croissante de la part d’établissements asiatiques, notamment chinois.

Ces derniers progressent rapidement et pourraient bientôt rivaliser avec les universités américaines en termes de qualité et d’attractivité.

Par exemple, l’université du Zhejiang en Chine est citée comme un modèle de réussite, attirant de plus en plus d’étudiants internationaux.

Cette compétition internationale réduit l’avantage historique des États-Unis dans le domaine de l’éducation supérieure.

5

Contrôle des réseaux sociaux

Depuis juin 2026, le département d’État américain exige que les candidats aux visas étudiants rendent publics leurs comptes sur les réseaux sociaux, dans le cadre d’un contrôle de leur présence en ligne.

Cette mesure s’applique en priorité aux universités où les étudiants étrangers représentent plus de 15 % des effectifs, comme Harvard.

Les candidats doivent donc nettoyer leurs profils en ligne avant de demander un visa.

Refuser de donner accès à ces contenus peut être interprété comme une tentative de dissimulation, ce qui complique encore davantage le processus d’obtention du visa pour les étudiants internationaux.

6

Conséquences globales

Cette baisse des inscriptions d’étudiants étrangers aux États-Unis n’est pas anodine.

Elle reflète une perte d’influence et d’attractivité du pays dans le domaine de l’éducation supérieure.

Les universités américaines pourraient voir leur compétitivité diminuer, notamment face à des rivaux comme l’Europe ou l’Asie.

Par ailleurs, cette tendance pourrait avoir des répercussions économiques, car les étudiants internationaux contribuent significativement aux revenus des universités et à la diversité des campus.

Enfin, elle soulève des questions sur l’avenir de la liberté académique et de l’ouverture internationale dans un contexte politique de plus en plus restrictif.

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