NapseflowNapseflow
Article externe

Comment l’Iran contrôle-t-il le réseau Internet ?

Courrier International· 1 août 2026

Résumé

1

Rôle de la TIC

En Iran, le contrôle d'Internet repose principalement sur la Telecommunication Infrastructure Company (TIC), une entreprise publique régie par le ministère des Technologies de l'information et des Communications.

La TIC agit comme un intermédiaire obligatoire pour tous les fournisseurs d'accès à Internet (FAI) et les opérateurs mobiles du pays.

Son rôle est central : elle gère les passerelles reliant l'Iran au reste du monde.

Ces passerelles sont des points physiques où les données entrent et sortent du pays.

Si l'État iranien décide de bloquer l'accès international, il peut fermer ces passerelles, ce qui coupe littéralement le flux de données vers l'extérieur.

Cette méthode permet aux autorités de couper l'accès à Internet en Iran en quelques minutes, comme cela a été observé lors de coupures massives en 2026.

2

Fonctionnement du BGP

Pour isoler le réseau iranien, la TIC utilise le Border Gateway Protocol (BGP), un protocole qui sert de feuille de route pour les données sur Internet.

Le BGP indique aux routeurs du monde entier comment acheminer les informations vers une adresse IP spécifique.

En Iran, la TIC peut décider de ne plus « annoncer » les routes IP iraniennes.

Cela signifie que les réseaux iraniens deviennent invisibles pour le reste du monde.

Résultat : les utilisateurs iraniens ne peuvent plus accéder aux sites étrangers, et les sites iraniens ne sont plus accessibles depuis l'extérieur.

Selon Cloudflare Radar, un observatoire du trafic Internet, cette technique a été utilisée lors de coupures de 2026 pour couper l'accès à Internet en Iran.

3

BGP-Hijacking et DNS

La TIC peut aller plus loin en utilisant une technique appelée BGP-Hijacking, qui consiste à détourner les routes IP.

Dans ce cas, les données des internautes iraniens sont redirigées vers des serveurs contrôlés par l'État, plutôt que vers leur destination initiale.

Parallèlement, les autorités utilisent l’empoisonnement DNS (DNS Poisoning), une méthode qui consiste à falsifier le Domain Name System (DNS).

Le DNS est comme un annuaire du web : il traduit les noms de sites (comme google.com) en adresses IP.

En Iran, lorsque quelqu'un tape l'adresse d'un site étranger, le DNS falsifié le redirige vers une page d'erreur ou un site gouvernemental.

Ces deux techniques permettent de contrôler ce que voient les utilisateurs iraniens.

4

Brouillage des satellites

Les autorités iraniennes surveillent également les communications par satellite, comme celles du réseau Starlink, utilisé pour contourner la censure.

Pour cela, elles se sont équipées d’analyseurs de spectre, des appareils capables de détecter les signaux satellites illégaux.

Lorsqu'une antenne satellite clandestine est repérée, les autorités brouillent son signal, le rendant inutilisable.

Cette technique a été utilisée lors des coupures d'Internet de 2026, selon la chercheuse Nayana Prakash du think tank Chatham House.

Elle permet de limiter l'accès à des réseaux non contrôlés par l'État, renforçant ainsi le monopole de la TIC sur les communications.

Commentaires (0)

Connecte-toi pour commenter

Se connecter

Aucun commentaire pour le moment.

Découvre plus de contenu sur Napseflow