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Une découverte inattendue : des traces de séismes anciens dans le Bassin parisien

<name>Stéphane Baize, Géologue des tremblements de terre, Directeur de Recherches, ASNR</name> <foaf:homepage rdf:resource="https://theconversation.com/profiles/stephane-baize-1187806"/>· 8 juillet 2026

Le site de Beauvais, où les failles ont été observées dans le niveau archéologique, se trouve à proximité de la grande structure tectonique du Pays de Bray, qui parcourt le Bassin parisien sur plus de 100&nbsp;kilomètres. Stéphane Baize , Fourni par l'auteur En 1993, lors de fouilles archéologiques…

Résumé

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Découverte fortuite

En 1993, lors de fouilles archéologiques préventives pour la construction d’une route à Beauvais (Oise), des géologues et archéologues ont découvert un site paléolithique occupé par des néandertaliens il y a environ 60 000 ans.

Outre des outils en silex et des ossements d’animaux comme des mammouths ou des rennes, ils ont identifié un réseau de failles dans les dépôts sédimentaires et la craie sous-jacente.

Ces failles, présentant des décalages verticaux jusqu’à 25 centimètres, ne peuvent s’expliquer par des phénomènes naturels comme l’effondrement de la craie (karst), le gel-dégel du sol (pergélisol) ou l’activité humaine.

Les chercheurs proposent donc une origine sismique, c’est-à-dire liée aux mouvements de la croûte terrestre lors de séismes anciens.

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Origine sismique probable

Les failles observées à Beauvais sont cohérentes avec des ruptures sismiques profondes liées à la faille du Pays de Bray, une structure géologique majeure du Bassin parisien longue de plus de 100 kilomètres.

Ces déformations suggèrent un séisme d’une magnitude d’au moins 5,5, comparable à celui du Teil en Ardèche en 2019.

Contrairement aux idées reçues, le Bassin parisien n’est donc pas une zone totalement asismique.

Cette faille, située à quelques kilomètres sous la surface, aurait pu générer des tremblements de terre il y a 50 000 à 60 000 ans, une période géologiquement récente.

Les chercheurs soulignent que cette découverte modifie la perception du risque sismique dans la région.

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Risque sous-estimé

Le Bassin parisien était traditionnellement considéré comme peu sismique, avec seulement quelques séismes historiques comme celui de Veules-les-Roses en 1769 (magnitude estimée proche de 5).

La découverte de Beauvais remet en cause cette vision, car elle prouve que des séismes forts ont pu se produire dans un passé récent.

La faille du Pays de Bray, jusqu’alors peu étudiée, doit désormais être considérée comme potentiellement active.

Cette réévaluation rejoint celle du séisme du Teil en 2019, qui a montré que des failles supposées stables peuvent en réalité générer des tremblements de terre dévastateurs.

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Zones stables, séismes possibles

Les failles dites intraplaques (situées à l’intérieur des continents, loin des limites des plaques tectoniques) peuvent produire des séismes forts, même dans des régions réputées stables.

Des exemples récents incluent un séisme en Australie centrale en avril 2026 et un autre dans le nord-est des États-Unis en 2020.

Ces événements soulignent que le risque sismique ne doit pas être sous-estimé, même dans des zones où l’activité tectonique est faible.

Les causes de ces séismes restent encore débattues par les scientifiques.

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Prochaines étapes

Pour confirmer l’origine sismique des failles de Beauvais et évaluer le risque futur, plusieurs actions sont nécessaires.

Les chercheurs proposent d’utiliser des méthodes géophysiques non invasives pour cartographier les failles enterrées à différentes profondeurs.

Ils suggèrent aussi d’étendre les fouilles pour dater d’éventuelles traces de séismes passés et estimer leur fréquence (analyse paléosismologique).

Une collaboration entre archéologues, géologues et géophysiciens est essentielle, car les traces de séismes anciens sont souvent masquées par l’érosion ou les activités humaines.

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Enjeux pour la sécurité

Les résultats de cette étude seront intégrés aux évaluations des risques sismiques, notamment dans les bases de données européennes comme le Global Seismic Hazard Model.

L’objectif est de mettre à jour les modèles d’aléa sismique pour le Bassin parisien et d’autres zones intraplaques comparables.

Cette découverte rappelle que même dans des régions peu actives, le risque sismique ne doit pas être négligé.

Les autorités et les scientifiques devront désormais prendre en compte cette nouvelle donnée pour adapter les normes de construction et les plans d’urgence.

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