Sauvetage du télescope Swift : le remorqueur spatial LINK est en train de partir en vrille

Censé rehausser l'orbite du télescope spatial Swift de la NASA, le véhicule robotisé LINK rencontre d'importantes anomalies matérielles. Désormais en rotation incontrôlée et privé de deux roues de réaction, l'engin doit être stabilisé avant d'envisager la suite de la mission.
Résumé
Mission de LINK
LINK est un remorqueur spatial développé par la startup américaine Katalyst Space en collaboration avec la NASA.
Son objectif principal est de rehausser l’orbite du télescope spatial Swift, lancé en 2004, dont l’altitude diminue progressivement à cause de la traînée atmosphérique et de l’activité solaire.
Sans intervention, Swift finirait par chuter vers la Terre et se désintégrerait dans l’atmosphère.
Le lancement de LINK a eu lieu le 3 juillet 2024 depuis l’atoll de Kwajalein, dans le Pacifique, à bord d’une fusée Pegasus XL.
Le choix de ce site de lancement permet de placer LINK sur une trajectoire facilitant sa rencontre avec Swift, situé sur une orbite basse.
Défaillances techniques
Dès le 15 juillet 2024, des problèmes techniques sont apparus sur LINK, notamment un dysfonctionnement d’une des trois roues de réaction.
Ces roues, qui fonctionnent comme des gyroscopes, sont essentielles pour maintenir l’orientation précise du satellite dans l’espace.
Katalyst Space a tenté de corriger le problème avec un correctif logiciel, affirmant avoir rétabli une stabilité suffisante.
Cependant, le week-end des 25 et 26 juillet, la situation s’est aggravée : LINK est entré en rotation incontrôlée, rendant les communications intermittentes.
Deux des trois roues de réaction sont désormais hors service, et le système de propulsion à gaz froid a perdu partiellement de son efficacité.
Urgence de stabilisation
La priorité absolue pour les équipes de Katalyst Space et de la NASA est de stopper la rotation incontrôlée de LINK, surnommée la « toupie ».
Cette stabilisation doit être réalisée rapidement en utilisant les propulseurs électriques du satellite.
Sans cette action, il serait impossible d’envisager la suite de la mission, qui consiste à approcher et remorquer Swift vers une orbite plus sûre.
La NASA souligne que, malgré ces défaillances, d’autres systèmes de LINK fonctionnent correctement, notamment son alimentation électrique et ses communications.
Une fois stabilisé, il faudra adapter les systèmes de guidage et de navigation de LINK pour compenser l’absence de deux roues de réaction.
Risques et enjeux
La situation actuelle pose deux défis majeurs.
D’abord, le risque que LINK ne puisse pas remplir sa mission initiale : rehausser l’orbite de Swift.
Ensuite, il existe un danger potentiel que LINK, une fois stabilisé, entre en collision avec Swift lors des manœuvres d’approche.
Les équipes doivent donc évaluer soigneusement la faisabilité des opérations avant de les engager.
Katalyst Space et la NASA insistent sur le fait que, même si LINK est opérationnel, sa mission pourrait être compromise par ces défaillances techniques.
La réussite de cette opération, appelée maintenance orbitale, serait une première dans l’histoire spatiale.
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