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Sébastien Vaniček et Souheila Yacoub pour Evil Dead Burn : « On voulait une horreur cathartique. »

Quentin Grosset· 8 juillet 2026
Sébastien Vaniček et Souheila Yacoub pour Evil Dead Burn : « On voulait une horreur cathartique. »

Pour poursuivre sa franchise culte, qu’il a créée en 1981, Sam Raimi a choisi un Français, Sébastien Vaniček (« Vermines »). Un spin-off aussi inventif que terrifiant, en forme de satire horrifique de la famille, avec la géniale Souheila Yacoub. Le réalisateur et l’actrice nous parlent de leur rapp…

Résumé

1

Origine de la saga

La franchise Evil Dead, créée en 1981 par Sam Raimi, est un pilier du cinéma d'horreur.

Elle se distingue par son mélange unique d'horreur, d'humour slapstick (comédie physique exagérée) et de créativité visuelle.

Le dernier volet avant Evil Dead Burn était Evil Dead Rise, réalisé par Lee Cronin et produit par Sam Raimi, sorti en 2023.

Sam Raimi, connu pour ses films Spider-Man, a choisi un réalisateur français, Sébastien Vaniček (Vermines), pour réaliser ce spin-off (dérivé d'une œuvre existante) en 2026.

Ce choix marque une volonté d'innover tout en respectant l'héritage de la saga.

2

Approche de Souheila Yacoub

Souheila Yacoub, actrice principale d'Evil Dead Burn, avoue une relation complexe avec les films d'horreur, source de stress intense.

Pour préparer son rôle sans être submergée, elle a étudié la saga via des vidéos explicatives et des analyses du Livre des morts (un grimoire maléfique central dans la franchise).

Juste avant le tournage en Nouvelle-Zélande, son ami lui a offert une version modifiée d'Evil Dead Rise où les scènes gores étaient remplacées par des images de chatons ou de chiots, accompagnées de commentaires humoristiques.

Cette méthode lui a permis de comprendre les codes du film tout en restant détendue.

3

Parcours de Sébastien Vaniček

Sébastien Vaniček, réalisateur d'Evil Dead Burn, a découvert la saga via le remake de 2013 réalisé par Fede Alvarez.

À l'époque adolescent, il a été marqué par l'audace et l'énergie des premiers films de Sam Raimi, qu'il considère comme des « grosses patates » (expression familière désignant quelque chose de brut et sans filtre).

Il a ensuite exploré l'œuvre originale et reconnu en Sam Raimi un cinéaste ayant inventé un style visuel unique, mêlant horreur et fantaisie.

Cette découverte a influencé sa vision du cinéma, privilégiant l'inventivité à la cinéphilie classique.

4

Mélange horreur et humour

Les réalisateurs soulignent l'importance de conserver le mélange entre horreur et humour slapstick, caractéristique de Sam Raimi.

Sébastien Vaniček précise que ce style est indissociable de l'univers Evil Dead, mais qu'ils ont souhaité ajouter une dimension cathartique (libératrice) au film.

L'objectif était de permettre au spectateur de rire tout en étant confronté à des scènes violentes ou angoissantes.

Cette approche s'est traduite par des personnages comiques et des situations grotesques, tout en gardant un ton sérieux sur des thèmes comme le deuil ou la famille.

5

Représentation des femmes

Souheila Yacoub et Sébastien Vaniček ont souhaité s'éloigner des clichés des films d'horreur des années 1980, où les personnages féminins étaient souvent réduits à des rôles de scream queens (femmes hurlantes et sexualisées).

Alice, le personnage principal interprété par Yacoub, est conçu comme un personnage réaliste et humain, en deuil et confronté à des événements surnaturels.

Cette approche vise à offrir une identification plus profonde au spectateur, tout en respectant l'héritage provocateur de la saga, qui utilisait autrefois des scènes choquantes pour bousculer les codes.

6

La maison comme personnage

Dans Evil Dead Burn, la maison devient un personnage à part entière, reflétant la contamination par le mal.

Sébastien Vaniček explique que cette idée, déjà présente dans les premiers films (comme la tête de cerf empaillée qui rit dans Evil Dead II), a été modernisée.

La décomposition physique de la maison matérialise la présence du mal, créant une atmosphère oppressante.

Le réalisateur insiste sur l'importance de rendre crédible cet univers fantastique, en ancrant les réactions des personnages dans une logique humaine, malgré les éléments surnaturels.

7

Scène du dîner familial

La scène du dîner familial, inspirée par des références comme Massacre à la tronçonneuse, joue un rôle central dans le film.

Elle cristallise les tensions entre les personnages et installe une atmosphère malsaine, où chaque détail (silences, sous-entendus, bruits de couverts) devient inquiétant.

Sébastien Vaniček souligne que cette scène, bien que complexe à réaliser, est essentielle pour développer les dynamiques entre les personnages et installer le mal dès le début.

Souheila Yacoub ajoute que les scènes de repas sont souvent des moments de bascule dans la vie réelle, ce qui renforce leur impact cinématographique.

8

Tournage et ambiance

Le tournage d'Evil Dead Burn s'est déroulé en Nouvelle-Zélande.

Sébastien Vaniček décrit le plateau comme un « terrain de jeu » où l'humour et la créativité étaient omniprésents.

Les scènes étaient souvent poussées plus loin pour leur côté ludique, tout en respectant l'équilibre entre horreur et comédie.

Souheila Yacoub précise que les performances des acteurs devaient refléter une palette émotionnelle large, allant de la retenue à l'explosion, pour coller à la mise en scène dynamique et aux attentes du public.

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