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Environnement

La sécheresse des petits cours d'eau en juillet est « la plus critique jamais observée »

Reporterre · mis à jour il y a 1 h

Selon les derniers relevés de l'Office français de la biodiversité ( OFB ), les observations réalisées sur l'écoulement des petits cours d'eau sur le territoire fin juillet confirment « une situation exceptionnelle », « la plus critique jamais observée à cette période », depuis le début des relevés en 2012. Les cours s'assèchent à une vitesse folle.

Sécheresse record en juillet

En juillet 2022, la France a connu une sécheresse des petits cours d’eau sans précédent, selon les données de l’Office français de la biodiversité (OFB). Cette situation est qualifiée de « la plus critique jamais observée » par les experts, qui soulignent que 80 % des petits cours d’eau (moins de 10 km de long) étaient en situation de stress hydrique. Le terme stress hydrique désigne un état où la demande en eau dépasse les ressources disponibles, entraînant un assèchement partiel ou total du cours d’eau. Les petits cours d’eau jouent un rôle écologique majeur en maintenant la biodiversité et en alimentant les nappes phréatiques. Leur assèchement perturbe les écosystèmes aquatiques et menace des espèces comme les poissons ou les amphibiens. Cette sécheresse s’inscrit dans un contexte de réchauffement climatique, avec des températures moyennes en juillet 2022 supérieures de 2,5 °C à la normale.

Origines du phénomène

La sécheresse des petits cours d’eau en juillet 2022 est principalement attribuée à deux facteurs combinés. D’une part, les précipitations ont été très inférieures à la normale : le déficit a atteint 40 % par rapport à la moyenne des 30 dernières années, avec des régions comme la Bretagne ou le Grand Est particulièrement touchées. D’autre part, les températures élevées ont accéléré l’évaporation de l’eau, réduisant encore les réserves disponibles. L’OFB précise que cette situation est aggravée par les prélèvements d’eau pour l’agriculture, l’industrie ou l’eau potable, qui accentuent la pression sur les ressources. Les petits cours d’eau, moins alimentés par les nappes souterraines que les grands fleuves, sont particulièrement vulnérables à ces variations. Les experts rappellent que ces phénomènes s’inscrivent dans une tendance de long terme : depuis 1970, le débit des cours d’eau a diminué de 10 à 30 % en France.

Conséquences écologiques

L’assèchement des petits cours d’eau a des répercussions majeures sur les écosystèmes. Les espèces aquatiques, comme les truites ou les écrevisses, voient leur habitat se réduire, ce qui menace leur survie. Les amphibiens, comme les grenouilles ou les salamandres, dépendent de ces milieux pour se reproduire et sont également affectés. Les scientifiques de l’OFB estiment que près de 30 % des espèces présentes dans ces cours d’eau pourraient disparaître localement si la situation persiste. Par ailleurs, l’absence d’eau perturbe les chaînes alimentaires, affectant aussi les oiseaux ou les mammifères qui s’en nourrissent. Les milieux humides, souvent associés à ces cours d’eau, voient leur rôle de régulation des crues et de filtration de l’eau diminuer, ce qui aggrave les risques d’inondations en cas de pluies intenses.

Impact sur les activités humaines

La sécheresse des petits cours d’eau a aussi des conséquences économiques et sociales. L’agriculture est l’un des secteurs les plus touchés, car les prélèvements d’eau pour l’irrigation deviennent plus difficiles, voire interdits dans certaines zones. Les agriculteurs doivent alors adapter leurs pratiques ou faire face à des baisses de rendement, comme en témoignent les syndicats agricoles. L’industrie, notamment les centrales thermiques ou les papeteries, dépend aussi de ces ressources pour refroidir leurs installations ou produire. Enfin, les particuliers peuvent subir des restrictions d’eau, avec des interdictions d’arrosage ou de remplissage des piscines dans plusieurs départements. Ces mesures, prises par les préfets en concertation avec les collectivités, visent à préserver les ressources pour les usages prioritaires.

Ce que ça pourrait changer

Face à cette crise, les pouvoirs publics ont mis en place des mesures d’urgence pour limiter les dégâts. Les préfets des 74 départements concernés ont déclenché des *arrêtés de restriction d’eau*, qui encadrent les prélèvements selon un niveau de gravité (du simple appel à la modération à l’interdiction totale). Ces arrêtés s’appuient sur le *Code de l’environnement*, qui prévoit des sanctions en cas de non-respect. L’État a aussi lancé un plan de résilience, doté de 100 millions d’euros, pour financer des projets de sobriété hydrique, comme la réhabilitation de réseaux d’eau ou le développement de cultures moins gourmandes en eau. Parallèlement, l’OFB et les agences de l’eau coordonnent des actions de surveillance et de sensibilisation, notamment auprès des agriculteurs et des industriels.

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