Une athlète, un accident
Petite fille, elle se dit très timide. On la met souvent à l’écart, les garçons affirmant être « plus forts et plus intelligents ».
Céline van Till, une athlète suisse, a intégré l’équipe nationale d’équitation après un travail intense. Cependant, dans les sports individuels comme le sien, les athlètes sont rarement rémunérés, ce qu’elle a souligné lors d’un panel du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies sur l’autonomisation des femmes et des filles dans le sport. Elle a décrit un environnement où les résultats et les gains financiers priment sur le bien-être des athlètes, rendant la confiance fragile malgré un dialogue fonctionnel avec ses entraîneurs. Elle a également pointé des disparités salariales liées au genre : les entraîneuses touchaient moins que leurs homologues masculins, malgré des responsabilités comparables. Ces inégalités montrent que le sport, même à haut niveau, reste marqué par des écarts persistants entre les sexes.
En 2026, Céline van Till a subi un grave accident lors d’une compétition, entraînant une lésion cérébrale sévère et un coma d’un mois. À son réveil, elle était partiellement tétraplégique, perdant l’usage de ses mains et de ses jambes. Les séquelles, bien que invisibles, sont lourdes : troubles de l’équilibre, de la coordination et une vision réduite à moitié. Malgré ces défis, elle a repris une activité sportive en paracyclisme, para-athlétisme et para-équitation (sports adaptés aux personnes en situation de handicap). Cependant, elle souligne que dans l’handisport, les athlètes doivent fournir des efforts bien supérieurs à ceux des autres pour simplement exister dans l’arène sportive, illustrant les obstacles supplémentaires liés au handicap.
Céline van Till a expliqué que les performances des athlètes en situation de handicap sont souvent méconnues et non reconnues à leur juste valeur. Elle a évoqué le harcèlement et la nécessité constante de prouver sa valeur pour obtenir un minimum de respect et d’égalité. Ce n’est qu’après avoir remporté des titres européens et mondiaux qu’elle a commencé à gagner en visibilité. Son objectif est de montrer à d’autres jeunes filles que, malgré les obstacles, la réussite est possible. Son parcours illustre les défis supplémentaires auxquels sont confrontées les femmes dans le sport, surtout lorsqu’elles cumulent plusieurs formes de discrimination.
Après son accident, Céline van Till a élargi son combat pour l’inclusion des femmes et des filles, en particulier celles en situation de handicap. Elle s’engage dans le sport, la politique et même l’armée suisse, où elle est devenue la première officière en situation de handicap. Élue au Parlement de Genève en 2023 et vice-présidente de Handicap International Suisse, elle défend l’idée que chacun devrait avoir les mêmes chances de pratiquer un sport et de participer à des compétitions. Elle milite pour une meilleure visibilité et des tribunes adaptées, afin de garantir un accès équitable au sport pour toutes les personnes, quel que soit leur handicap ou leur genre.
La Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’homme, Awa Dabo, a rappelé que les minorités dans le sport subissent des discriminations multiples et croisées. Les filles et femmes en situation de handicap, ainsi que celles issues de groupes ethniques spécifiques (comme les filles noires, autochtones ou issues de l’immigration), cumulent les obstacles. Dans certains pays, les femmes musulmanes sont exclues de la pratique sportive en raison d’interdictions liées aux tenues religieuses, tandis que dans d’autres, des vêtements trop encombrants entravent leurs mouvements. Ces stéréotypes de genre, souvent intériorisés dès l’enfance, limitent les choix des filles et restreignent leur accès au sport et à des postes à responsabilité.
Selon Awa Dabo, les stéréotypes de genre sapent la confiance en soi des filles et limitent leur accès à l’entraînement et au soutien, ce qui explique en partie pourquoi beaucoup abandonnent le sport à l’adolescence. Même lorsqu’elles atteignent un niveau élevé, les femmes restent sous-rémunérées et ont moins de chances d’obtenir des parrainages ou des postes de direction. En 2025, le sport féminin professionnel représentait un secteur économique en *expansion rapide*, générant au moins 2,35 milliards de dollars de revenus (salaires, parrainages, diffusion télévisée, merchandising). Cependant, l’accès à ces gains reste très inégal, et l’autonomisation économique des femmes par le sport est bien moindre que celle des hommes.

