NapseflowNapseflow
Article externe

Rage du raton laveur : l’interdiction du transport d’animaux s’étend à 53 municipalités

ICI Radio-Canada· 7 août 2026
 Rage du raton laveur : l’interdiction du transport d’animaux s’étend à 53 municipalités

Ces restrictions transforment le travail des exterminateurs et forcent à revoir la cohabitation avec la faune.

Résumé

1

Extension des restrictions

Le ministère québécois de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs a étendu l’interdiction du transport d’animaux vecteurs de la rage du raton laveur à 53 nouvelles municipalités en Estrie, en Montérégie et au Centre-du-Québec.

Cette mesure, entrée en vigueur le 7 août 2026, vise à limiter la propagation de la maladie et s’appliquera au moins jusqu’au 6 octobre 2026.

Les animaux concernés incluent les ratons laveurs, les mouffettes rayées, les renards (gris et roux), les coyotes et leurs hybrides.

L’interdiction s’ajoute à celle déjà en place dans 283 municipalités depuis juin 2025, portant le total à 336 municipalités touchées.

L’objectif est d’éviter que des citoyens ou des professionnels ne déplacent ces animaux, même sur de courtes distances, car cela complique les opérations de vaccination et augmente les risques de propagation.

Selon Marianne Gagnier, coordonnatrice provinciale de la gestion de la rage, la rage du raton laveur est une maladie mortelle pour les humains et les animaux domestiques, et sa transmission peut se produire via une morsure ou une griffure.

2

Cas confirmés et risques

Un premier cas de contamination d’un chat errant à Godmanchester, en Montérégie, a confirmé le risque de transmission de la rage aux animaux domestiques.

Fin juillet 2026, trois personnes ont dû recevoir un traitement préventif après avoir été mordues et griffées par ce chat.

Entre décembre 2024 et juillet 2027, 220 cas de rage du raton laveur ont été détectés au Québec, mais ce chiffre est probablement sous-estimé.

La rage est une maladie virale qui attaque le système nerveux et est toujours mortelle une fois les symptômes apparus.

Elle se transmet par la salive d’un animal infecté, notamment lors d’une morsure ou d’une griffure.

Les symptômes chez les animaux incluent un comportement anormal (agressivité, désorientation), une paralysie ou une difficulté à avaler.

Chez les humains, les premiers signes apparaissent après une période d’incubation de plusieurs semaines ou mois.

Il est donc crucial de signaler tout animal sauvage trouvé mort ou présentant des signes suspects, comme un comportement anormal ou des blessures.

3

Impact sur les professionnels

Les restrictions de déplacement des animaux vecteurs de la rage ont des conséquences directes pour les exterminateurs et les trappeurs.

Désormais, ces professionnels ne peuvent plus déplacer les animaux capturés, même sur de courtes distances.

Ils doivent gérer l’animal sur place et corriger immédiatement les points d’entrée des bâtiments pour éviter son retour.

Cette obligation d’agir rapidement peut augmenter les coûts des interventions, car elle nécessite des travaux urgents pour sécuriser les lieux.

Certains exterminateurs, comme l’entreprise Abat Extermination, préfèrent désormais limiter leurs services ou orienter leurs clients vers des trappeurs spécialisés.

Hélène Bouchard, présidente sortante de l’Association québécoise de la gestion parasitaire, souligne que ces contraintes compliquent la vie des professionnels et des clients, notamment lorsque les budgets ne suffisent pas.

Aucune de ces entreprises ne pratique l’euthanasie des animaux : en cas de suspicion de rage, elles en réfèrent aux autorités compétentes.

4

Mesures de prévention

Pour limiter les risques de propagation de la rage, les autorités recommandent plusieurs mesures de prévention.

Les citoyens sont invités à éviter de laisser traîner de la nourriture, à sécuriser les poubelles, les bacs à compost, les potagers et les poulaillers, et à bloquer les points d’entrée des bâtiments, notamment les galeries et les entretoits.

La vaccination des animaux de compagnie, en particulier des chats, est également fortement encouragée, car ils sont particulièrement exposés au contact avec des animaux sauvages infectés.

Il est aussi déconseillé de nourrir les oiseaux en extérieur, car cela attire d’autres espèces opportunistes comme les ratons laveurs.

En cas de morsure, griffure ou contact avec la salive d’un animal suspect, il faut nettoyer la plaie à l’eau savonneuse pendant 10 à 15 minutes et contacter immédiatement Info-Santé au 811 pour une prise en charge médicale d’urgence.

Les citoyens peuvent signaler la présence d’animaux sauvages morts ou présentant des signes suspects en appelant le 1 877 346-6763 ou en remplissant un formulaire en ligne.

5

Cohabitation avec la faune

Les autorités rappellent qu’il est normal de croiser des animaux sauvages en milieu urbain, car ils y trouvent de la nourriture et des abris.

Marianne Gagnier et Hélène Bouchard insistent sur l’importance de cohabiter avec la faune tout en prenant des précautions.

Par exemple, il est normal de voir un raton laveur dans son jardin, mais il faut éviter de l’attirer à l’intérieur de la maison.

Pour rendre son environnement moins attrayant, il est conseillé de sécuriser les accès aux poubelles, de ne pas laisser de nourriture accessible et de bloquer les points d’entrée des bâtiments.

La vaccination des animaux domestiques et la limitation des sources de nourriture pour la faune sauvage sont des mesures clés pour réduire les risques de transmission de la rage.

Les autorités soulignent que ces actions permettent de protéger à la fois la santé publique et la biodiversité.

Commentaires (0)

Connecte-toi pour commenter

Se connecter

Aucun commentaire pour le moment.

Voir aussi

Plus de contenus dans cette catégorie →

Découvre plus de contenu sur Napseflow