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“Ozempic inversé” : en Afrique de l’Est, les femmes veulent grossir à tout prix

Courrier International· 30 juillet 2026

En Occident, l’idéal de la minceur pousse les femmes à prendre des médicaments qui coupent l’appétit. Mais en Somalie et au Kenya, les canons de beauté sont tout autres. Les femmes y prennent des comprimés qui promettent une silhouette plus voluptueuse, au détriment de leur santé.

Résumé

1

Canons de beauté locaux

Dans plusieurs pays d’Afrique de l’Est comme la Somalie, les femmes rondes sont perçues comme plus désirables selon les standards esthétiques locaux.

Ces silhouettes pulpeuses y sont associées à des qualités positives : richesse, jeunesse, fertilité et vie apaisée.

Cette vision contraste avec les normes occidentales, où la minceur est souvent valorisée.

Les femmes qui suivent des traitements pour prendre du poids agissent ainsi en réponse à ces attentes culturelles.

Par exemple, une influenceuse somalienne a partagé en 2023 une vidéo sur TikTok où elle expliquait souffrir de problèmes de poids, suscitant des rumeurs sur l’utilisation de traitements pour grossir.

Ces idéaux esthétiques locaux influencent donc les comportements et les choix de santé des femmes dans la région.

2

Traitements pour grossir

Face à ces normes, certaines femmes en Afrique de l’Est recourent à des traitements médicamenteux pour prendre du poids, un phénomène qualifié de « Ozempic inversé » par analogie avec les traitements amincissants comme l’Ozempic en Occident.

L’influenceuse somalienne évoquée dans l’article a ainsi été suspectée de suivre un traitement pour grossir, bien que les détails médicaux n’aient pas été précisés.

Ces pratiques, encore peu étudiées, soulèvent des questions sur la santé publique dans la région.

Les médicaments utilisés ne sont pas toujours contrôlés ou adaptés, ce qui peut entraîner des risques pour les patientes.

Ce phénomène illustre une inversion des tendances mondiales en matière de santé et d’image corporelle.

3

Réseaux sociaux et influence

Les réseaux sociaux, notamment TikTok, jouent un rôle clé dans la diffusion de ces pratiques.

En 2023, l’influenceuse somalienne a utilisé cette plateforme pour partager son expérience, attirant l’attention sur les traitements pour prendre du poids.

Les vidéos et les débats en ligne ont contribué à normaliser ces comportements, tout en révélant des enjeux de santé publique encore méconnus.

Les influenceuses, en partageant leurs parcours, deviennent des figures de référence pour d’autres femmes confrontées aux mêmes pressions esthétiques.

Cette visibilité médiatique a aussi permis de mettre en lumière les risques associés à ces traitements non régulés.

4

Santé publique en question

L’utilisation de traitements pour grossir en Afrique de l’Est pose un problème de santé publique, car ces pratiques sont souvent mal encadrées.

Les médicaments utilisés peuvent avoir des effets secondaires graves, notamment en l’absence de suivi médical adapté.

Les autorités sanitaires locales et internationales commencent à s’intéresser à ce phénomène, encore peu documenté.

Par exemple, l’influenceuse somalienne a évoqué des « problèmes de poids » sans préciser la nature de son traitement, ce qui souligne le manque de transparence autour de ces pratiques.

Ces enjeux rappellent ceux liés aux régimes amincissants en Occident, où l’usage de médicaments comme l’Ozempic soulève également des questions de santé.

5

Contraste avec l'Occident

Ce phénomène d’Ozempic inversé en Afrique de l’Est contraste fortement avec les tendances occidentales, où les traitements pour perdre du poids, comme l’Ozempic, rencontrent un succès croissant.

En Occident, la minceur est souvent associée à la santé, la réussite ou la beauté, tandis qu’en Afrique de l’Est, la rondeur est perçue comme un signe de prospérité et de bien-être.

Cette différence culturelle explique pourquoi certaines femmes de la région cherchent à prendre du poids, parfois au détriment de leur santé.

Les débats autour de ces pratiques révèlent ainsi des divergences profondes dans les perceptions de l’image corporelle à l’échelle mondiale.

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