☕️ Face aux risques d’incendie, trois associations s’opposent à un projet de data center

Alors que la Gironde est aux prises avec un mégafeu et que la France entre dans son quatrième épisode caniculaire de l’été 2026, les associations Data for Good, Humanité et Nature et France Nature Environnement Bouches-du-Rhône déposent des recours contre l’autorisation environnementale accordée par la préfecture au projet de centres de données de Pennes-Mirabeau. Elles […]
Résumé
Contexte des oppositions
En juillet 2026, alors que la Gironde est touchée par un mégafeu et que la France subit son quatrième épisode caniculaire de l’été, trois associations (Data for Good, Humanité et Nature et France Nature Environnement Bouches-du-Rhône) déposent des recours contre un projet de data center à Pennes-Mirabeau, près de Marseille.
Ces associations sont soutenues par des riverains et le collectif Le nuage était sous nos pieds.
Le projet, porté par l’entreprise Telehouse, prévoit la construction de huit centres de données sur six hectares, avec une capacité commerciale de 48 mégawatts.
Les opposants craignent notamment les risques d’incendie liés à la chaleur dégagée par les serveurs et à l’implantation du site à proximité d’une pinède déjà touchée par des feux en 2016 et 2025.
Risques d'incendie
Le projet de data center est situé à seulement 85 mètres d’une pinède ayant déjà brûlé en 2016 (2 700 hectares) et en 2025 (750 hectares supplémentaires).
Les associations soulignent que les rejets de chaleur des serveurs pourraient aggraver le risque d’incendie, alors que le Plan Climat Air Énergie d’Aix-Marseille-Provence prévoit une augmentation de 20 % des départs de feu pour chaque degré supplémentaire de température moyenne.
D’ici 2050, le nombre de jours à risque très élevé pourrait passer de 30 à 50 par an.
Pourtant, aucune étude d’impact n’a été réalisée sur les conséquences de ces rejets de chaleur sur la forêt ou le voisinage urbain.
En France, seulement 0,1 % de la chaleur fatale émise par les data centers est réutilisée, malgré des solutions techniques existantes.
Problèmes environnementaux
Les opposants pointent également d’autres risques environnementaux liés au projet.
Le data center prévoit le stockage de 17 cuves de carburant pour alimenter 26 groupes électrogènes, ainsi que des batteries de secours au lithium, connues pour leur inflammabilité et la difficulté à éteindre les incendies qu’elles provoquent.
Par ailleurs, l’imperméabilisation de 4 500 m² de sols aggraverait les risques d’inondation, déjà importants dans la région depuis 2019.
Les associations s’appuient sur le plan local d’urbanisme intercommunal du Pays d’Aix pour contester l’autorisation environnementale accordée par la préfecture.
Deux recours ont été déposés : l’un par plusieurs comités d’intérêt de quartier (CIQ), France Nature Environnement 13 et Data For Good, et un second par MNLE Réseau Humanité et Nature et des habitants de Pennes-Mirabeau.
Arguments des riverains
Les riverains, représentés par Christel Fayette, présidente du CIQ des Sybilles-Amphoux, expriment leur opposition au projet pour des raisons de qualité de vie.
Ils dénoncent un « monstre de technologie » qui menace leur colline et leur espace de vie.
Dès mai 2026, un premier recours avait été déposé contre le permis de construire accordé à Telehouse.
Les habitants craignent que le data center ne sacrifie leur cadre de vie au profit d’une infrastructure industrielle, alors que la région est déjà confrontée à des enjeux climatiques majeurs.
Leur mobilisation s’inscrit dans une critique plus large des impacts locaux des infrastructures numériques.
Enjeux énergétiques
Le projet de data center nécessite une puissance de raccordement de 70 mégawatts au réseau électrique (RTE), ce qui soulève des questions sur la consommation énergétique et son impact environnemental.
En France, les data centers consomment 2,4 TWh d’électricité par an et 6 millions de m³ d’eau.
Les associations critiquent l’absence de solutions concrètes pour limiter ces impacts, comme la réutilisation de la chaleur fatale, qui reste marginale (0,1 % en France, moins de 2 % en Europe).
Elles remettent en cause la pertinence d’un tel projet dans une région déjà soumise à des tensions sur les ressources et à des risques climatiques accrus.
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