Plus de 5000 évacués en 24 heures en C.-B. à cause des feux
Des renforts arrivent du Mexique, de l'Alberta et même de l'Australie pour combattre les flammes..
La Colombie-Britannique (C.-B.), une province du Canada située à l’ouest du pays, fait face à une vague d’incendies de forêt sans précédent en raison de conditions météorologiques extrêmes. Samedi, la météo a aggravé les feux existants et favorisé l’apparition de nouveaux foyers. Plus de 5 000 personnes ont dû quitter leur domicile en seulement 24 heures, principalement à cause du feu de Bradley Creek, près de la ville de Vernon. Ces évacuations massives ont été annoncées dimanche par Kevin Dunbar, directeur général des opérations d’urgence et de rétablissement pour la province. Les habitants doivent également composer avec des coupures de courant et des routes fermées, ce qui complique encore davantage la situation. BC Wildfire, l’organisme provincial chargé de la gestion des feux de forêt, souligne que la sécheresse prolongée a créé des conditions particulièrement propices aux incendies, avec une intensité et une propagation des feux jamais observées auparavant.
Pour faire face à cette crise, les autorités ont mis en place une réponse d’urgence coordonnée et complexe. Kevin Dunbar a remercié les habitants pour leur respect des consignes d’évacuation et les a encouragés à s’inscrire sur le site ess.gov.bc.ca pour être informés en temps réel. Une ligne téléphonique dédiée, le 1-800-387-4258, a été ouverte jusqu’à 23 h dimanche pour répondre aux besoins des évacués. Malgré la multiplication des ordres d’évacuation dans la région de l’Okanagan, la province ne prévoit pas pour l’instant d’interdire les déplacements. Elle affirme disposer de suffisamment de places d’hébergement, bien que les autorités recommandent aux personnes évacuées de se réfugier chez des proches si possible. Un centre d’accueil a été installé au Westbank Lions Club, à West Kelowna, pour accueillir les sinistrés.
Les feux de forêt en Colombie-Britannique présentent un comportement extrême, selon Cliff Chapman, directeur des opérations de lutte contre les feux de forêt pour BC Wildfire. Deux incendies, celui de Bradley Creek (détecté vendredi) et celui de Quilpituk (détecté samedi), illustrent cette situation préoccupante. Leur progression est difficile à contrôler en raison de leur intensité et de leur rapidité. Pour limiter les dégâts, BC Wildfire a déployé des moyens importants, notamment un soutien aérien et terrestre, en collaboration avec les services d’incendie locaux et ceux des provinces voisines. L’évaluation des dommages causés par le feu de Bradley Creek est toujours en cours. La province recevra des renforts dans les trois prochaines semaines, notamment du Mexique, de l’Alberta et d’autres provinces canadiennes, ainsi que des experts australiens. Plus de 500 contractuels et 130 hélicoptères sont déjà mobilisés, et la flotte de bombardiers d’eau (avions spécialisés dans la lutte contre les incendies) est complète, avec deux groupes supplémentaires ajoutés.
Les prévisions météorologiques pour les prochaines semaines ne sont pas rassurantes. Le mois d’août est généralement le plus chaud en Colombie-Britannique, et les autorités craignent l’installation d’une *crête de haute pression* (zone de haute pression atmosphérique entraînant un temps chaud et sec). Bien que les vents soient actuellement faibles, ils pourraient se renforcer dans les prochains jours. Cliff Chapman estime que les trois ou quatre prochains jours seront cruciaux pour tenter de maîtriser les incendies, mais le retour d’une crête anticyclonique et des conditions estivales compliquera la situation. De plus, une augmentation des orages est prévue pour le reste du mois, ce qui pourrait déclencher de nouveaux feux. Les autorités soulignent que les conditions de combustion actuelles sont inédites en Colombie-Britannique en raison de la sécheresse persistante. Dimanche à 15 h 30, 133 feux étaient recensés, dont 6 considérés comme prioritaires. Près de la moitié n’étaient pas maîtrisés, et 42 ordres d’évacuation ainsi que 40 alertes d’évacuation concernaient environ 8 500 propriétés.

