Ménopause : comment les entreprises en Suisse brisent enfin le tabou pour sauver les carrières des femmes
Longtemps reléguée à la sphère privée, cette transition hormonale touche pourtant des millions de salariées. Ses bouffées de chaleur et son brouillard mental s'invitent désormais dans les bureaux et les ateliers. En Suisse, la ménopause au travail pousse déjà des femmes à lever le pied ou à renonce…
Résumé
Tabou de la ménopause
La ménopause reste un sujet largement évité dans le monde professionnel, en particulier en Suisse.
Ce phénomène naturel, qui survient généralement entre 45 et 55 ans, marque l'arrêt des règles et s'accompagne souvent de symptômes physiques et psychologiques comme les bouffées de chaleur, les troubles du sommeil ou les sautes d'humeur.
Pourtant, ces changements sont rarement abordés ouvertement dans les entreprises, ce qui peut entraîner des malentendus, une baisse de productivité ou même des discriminations envers les femmes concernées.
En Suisse, des initiatives récentes visent à briser ce silence pour préserver les carrières des femmes en âge de ménopause.
Impact sur les carrières
En Suisse, environ 1,5 million de femmes sont en âge de ménopause, soit près de 30 % de la population féminine active.
Pourtant, selon des études locales, près de 40 % des femmes concernées estiment que leur employeur ne comprend pas leurs difficultés liées à cette période.
Certaines rapportent des difficultés à concilier leurs symptômes avec leurs obligations professionnelles, tandis que d'autres craignent d'être perçues comme moins performantes.
Ces obstacles peuvent conduire à des arrêts maladie prolongés, des réductions de poste ou même des départs prématurés, ce qui représente un coût économique et social important pour les entreprises et la société.
Initiatives en entreprise
Face à ce constat, plusieurs entreprises suisses ont lancé des programmes pour sensibiliser leurs équipes à la ménopause.
Par exemple, la société Novartis a mis en place des ateliers animés par des médecins et des psychologues, tandis que Swisscom propose des formations en ligne et des espaces d'échange confidentiels.
Ces initiatives incluent aussi des aménagements pratiques, comme des ventilateurs dans les bureaux pour limiter les bouffées de chaleur ou des horaires flexibles pour mieux gérer la fatigue.
L'objectif est double : améliorer le bien-être des employées et réduire le turnover, un phénomène qui coûte en moyenne 20 000 à 30 000 francs suisses par salariée remplacée.
Rôle des syndicats
Les syndicats suisses jouent un rôle clé dans cette dynamique.
L'Union syndicale suisse (USS) a récemment publié un guide pratique à destination des employeurs, détaillant des mesures concrètes pour accompagner les femmes en ménopause.
Ce guide recommande notamment d'intégrer le sujet dans les formations sur la diversité et l'inclusion, et de nommer des référentes internes pour écouter et orienter les salariées concernées.
Ces actions s'inscrivent dans une volonté plus large de promouvoir l'égalité professionnelle, un enjeu majeur dans un pays où le taux d'emploi des femmes de 50 à 64 ans reste inférieur de 10 points à celui des hommes du même âge.
Résultats encourageants
Les premières évaluations de ces programmes montrent des résultats positifs.
À Swisscom, par exemple, 85 % des employées ayant participé aux ateliers estiment que leur entreprise est désormais plus attentive à leurs besoins.
De même, chez Novartis, le taux d'absentéisme lié à la ménopause a diminué de 30 % en deux ans.
Ces chiffres soulignent l'importance d'une approche proactive, combinant sensibilisation, adaptations organisationnelles et soutien psychologique.
Pour les entreprises, l'enjeu est de transformer un tabou en opportunité, en fidélisant des talents expérimentés tout en renforçant leur réputation d'employeur responsable.
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