Afrique du Sud : la xénophobie gagne du terrain, nourrie par les inégalités, alerte l'ONU
De hauts responsables des Nations Unies haussent le ton face à la recrudescence des violences xénophobes en Afrique du Sud. Tandis que le chef de l’OMS dénonce une « trahison tragique » de l’héritage de liberté du pays, le chef des droits de l’homme de l’ONU souligne le rôle de la pauvreté et des i…
Résumé
Violences xénophobes en Afrique du Sud
En Afrique du Sud, une vague de violences xénophobes a éclaté cette semaine, qualifiée de « profondément bouleversante » par le Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Ces événements ont entraîné la mort d’au moins dix personnes : cinq Éthiopiens et cinq Mozambicains.
Des centaines de manifestants se sont rassemblés devant le Parlement sud-africain, tandis que des milliers de familles ont été contraintes de quitter leur domicile pour échapper aux attaques.
Le terme xénophobie désigne une hostilité ou une peur irrationnelle envers les étrangers ou les personnes perçues comme différentes.
Ces violences s’inscrivent dans un climat de tensions persistantes depuis plusieurs mois, marqué par des pillages de commerces et des attaques ciblant spécifiquement les étrangers.
La région de Mossel Bay, en Afrique du Sud, a été particulièrement touchée.
Rapatriements massifs de migrants
Face à l’escalade des violences, des milliers de migrants originaires du Nigeria, du Malawi, du Ghana, du Zimbabwe et du Mozambique ont choisi de quitter l’Afrique du Sud.
Leurs gouvernements respectifs ont organisé des rapatriements volontaires pour les protéger.
Selon le ministre sud-africain de l’Intérieur, 2 745 étrangers ont été rapatriés en une semaine seulement, après l’annonce du président Cyril Ramaphosa visant à renforcer la lutte contre l’immigration illégale.
L’immigration illégale désigne l’entrée ou le séjour sur un territoire sans autorisation légale.
Ces rapatriements illustrent la gravité de la situation et la réponse des autorités pour tenter de calmer les tensions.
Cependant, cette mesure soulève des questions sur les droits des migrants et leur protection.
Appel de l'ONU à la justice
Le Dr Tedros, chef de l’OMS, a appelé à une réponse fondée sur le droit plutôt que sur la violence collective ou les représailles.
Il a souligné que les différends doivent être réglés par le système judiciaire et dans le respect de l’État de droit.
L’État de droit désigne un principe selon lequel toutes les personnes et institutions sont soumises à des lois publiques, claires et égales, appliquées de manière impartiale.
Le Dr Tedros a également insisté sur la nécessité de protéger les populations les plus vulnérables et de défendre « notre humanité commune ».
Ces déclarations s’appuient sur des principes universels, rappelant que la violence ne doit jamais être une solution aux conflits.
Principe des droits humains
Le chef des droits de l’homme de l’ONU, M.
Türk, a exprimé son espoir que le gouvernement sud-africain placera les droits humains au cœur de sa réponse aux violences.
Il a réaffirmé l’importance de traiter les questions migratoires avec humanité et dans le plein respect du droit des réfugiés et des droits de l’homme.
Le droit des réfugiés est un ensemble de règles internationales qui protègent les personnes fuyant des persécutions ou des conflits.
M.
Türk a rappelé que tous les gouvernements doivent adopter une approche conforme à ces principes, afin d’éviter les violations des droits fondamentaux.
Cette position s’applique à l’ensemble des questions migratoires, pas seulement à l’Afrique du Sud.
Trahison historique pour l'Afrique
Le Dr Tedros a qualifié la montée de la xénophobie en Afrique du Sud de « trahison tragique », au regard du combat historique du pays contre l’apartheid.
L’apartheid était un système de ségrégation raciale institutionnalisé en Afrique du Sud jusqu’en 1991, qui a profondément marqué l’histoire du pays.
Le Dr Tedros a rappelé que les nations africaines s’étaient unies pour soutenir Nelson Mandela, figure emblématique de la lutte contre l’apartheid.
En 1962, l’Éthiopie avait notamment fourni un passeport à Mandela pour lui permettre de voyager à travers le continent.
D’autres pays africains avaient apporté un soutien politique et financier, illustrant une solidarité historique qui contraste avec la situation actuelle.
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