Donald Trump veut créer une liste des espions étrangers, mais ses motivations restent floues
Dans un décret, le président républicain a ordonné que les agences de renseignement américaines «donnent les noms» de tous les espions étrangers, «y compris de toutes les personnes soupçonnées d'espionnage et les potentielles recrues». Une potentielle aubaine pour les ennemis des États-Unis.
Résumé
Décret controversé
Le 4 juillet 2026, lors des célébrations du 250e anniversaire de l'indépendance des États-Unis, le président américain Donald Trump a signé un décret ordonnant la création d'une liste des espions étrangers.
Selon le New York Times, cette liste doit inclure le nom de tous les espions étrangers actifs aux États-Unis, ainsi que des personnes soupçonnées d'espionnage ou considérées comme des recrues potentielles.
L'objectif affiché serait de centraliser ces informations pour faciliter le travail des agences de renseignement américaines.
Cependant, cette décision a suscité de vives critiques en raison de ses risques supposés.
Les agences étrangères, comme le FSB (service de renseignement russe) ou le MSS (ministère chinois de la Sécurité d'État), pourraient tenter d'obtenir cette liste par tous les moyens, y compris en corrompant des responsables américains.
Par exemple, Aldrich Ames, un agent de la CIA (Central Intelligence Agency) ayant trahi les États-Unis dans les années 1980, avait coûté la vie à plus de 30 espions occidentaux et entraîné la fermeture de 100 opérations clandestines.
Risques majeurs
Les experts estiment que cette liste représenterait une cible de choix pour les services de renseignement étrangers, prêts à payer des milliards de dollars pour l'obtenir.
Les conséquences pourraient être désastreuses : une fuite ou une compromission de la liste mettrait en danger des centaines d'agents et d'opérations secrètes.
Par exemple, Aldrich Ames, qui avait vendu des informations aux Soviétiques, avait causé l'exécution de plus de 30 espions et la perte de 100 opérations, un bilan dramatique pour les États-Unis.
Les hauts responsables interrogés par le New York Times justifient ce décret par des économies potentielles et une promesse de transparence de Trump.
Cependant, ces arguments sont jugés absurdes : le recrutement et la protection des espions relèvent des activités les plus secrètes du gouvernement, classées top secret et compartimentées pour éviter toute fuite.
Une liste centralisée augmenterait donc considérablement les risques de compromission.
Incompétence suspecte
Le décret a été confié à Bill Pulte, nommé directeur du renseignement national par intérim en juin 2026.
Ce dernier, ancien responsable d'une autorité fédérale du logement, n'a aucune expérience en matière de renseignement ou de sécurité nationale.
Selon la loi de 2005, ce poste exige une expertise conséquente en sécurité nationale, ce que Pulte ne possède pas.
De plus, il aurait été nommé sans passer par la procédure normale d'habilitation de sécurité, ce qui est inhabituel pour un poste aussi sensible.
Des sources internes à la CIA (Central Intelligence Agency) révèlent que le directeur de la CIA, John Ratcliffe, avait refusé de partager des secrets sensibles avec Tulsi Gabbard, l'ancienne directrice du renseignement national, par manque de confiance.
Pulte, connu pour avoir ciblé les ennemis politiques de Trump via des enquêtes pour fraude hypothécaire, suscite des doutes sur sa capacité à gérer des informations aussi sensibles.
Motivations obscures
Les motivations de Donald Trump pour créer cette liste restent floues.
Aucun expert interrogé ne parvient à en comprendre l'utilité.
Un ancien haut responsable de la CIA a répondu : *« Je me pose la même question.
» Un consultant en renseignement a qualifié l'idée de « débile », tandis qu'un autre directeur des renseignements a simplement déclaré : « C'est débile.
» Tim Weiner, journaliste spécialisé dans les services secrets américains, avance une hypothèse : Trump chercherait à discréditer les accusations selon lesquelles il aurait bénéficié du soutien du Kremlin (gouvernement russe) lors de l'élection présidentielle de 2016, qu'il qualifie de « bobard russe »*.
Une liste des espions russes et ukrainiens pourrait lui permettre d'identifier ses ennemis au sein des services de renseignement.
Cependant, cette théorie n'explique pas pourquoi Trump voudrait une liste mondiale des espions étrangers, ce qui pourrait suggérer une volonté de saboter l'appareil de renseignement américain.
Contexte politique
Depuis 2024, Donald Trump est régulièrement accusé d'avoir des liens avec la Russie, bien qu'il nie ces allégations.
Deux articles de Slate publiés en 2025 et 2026 commencent par *« Donald Trump n'est probablement pas un agent russe, mais il ne se conduirait pas autrement si c'était le cas.
»* Ces accusations s'inscrivent dans un contexte de tensions géopolitiques accrues, notamment avec la Russie et l'Ukraine.
Le décret sur la liste des espions pourrait être interprété comme une tentative de Trump de contrôler ou de manipuler les services de renseignement pour servir ses intérêts politiques, au détriment de la sécurité nationale.
Cette décision s'ajoute à une série de mesures controversées prises par son administration, comme le licenciement de hauts responsables jugés peu loyaux.
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