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Un « vaccin universel » développé par IA ? Une avancée qui pourrait nous sauver des prochaines pandémies

Camille Coirault· 1 juillet 2026
Un « vaccin universel » développé par IA ? Une avancée qui pourrait nous sauver des prochaines pandémies

Afin de sortir du cycle infernal des reformulations vaccinales pour courir après des virus qui mutent sans arrêt, des chercheurs anglais ont préféré s'attaquer à la racine du problème pour ne plus avoir à le subir.

Résumé

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Prochaine pandémie inévitable

Depuis 2003 et l’apparition du SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère), les scientifiques sont unanimes : une nouvelle pandémie est très probable, et elle devrait provenir d’un virus zoonotique, c’est-à-dire transmis de l’animal à l’homme.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) surveille actuellement une vingtaine de grandes familles de virus présentant un risque élevé pour l’humanité.

Parmi elles, on trouve des virus bien connus comme ceux responsables de la grippe aviaire, du SRAS, du COVID-19, d’Ebola ou encore de la mpox.

Ces agents pathogènes circulent principalement dans la faune sauvage, mais les activités humaines comme la déforestation, l’urbanisation rapide, les échanges internationaux ou encore le réchauffement climatique augmentent les contacts entre animaux et humains, favorisant ainsi les transmissions.

Par exemple, la déforestation en Asie du Sud-Est a été identifiée comme un facteur clé dans l’émergence de nouveaux coronavirus chez les chauves-souris, qui peuvent ensuite infecter l’homme.

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Limites des vaccins actuels

Les vaccins restent notre meilleure arme contre les pandémies, comme l’a montré la réponse à la pandémie de COVID-19.

Cependant, leur efficacité est souvent limitée par la capacité des virus à muter rapidement, donnant naissance à de nouveaux variants.

Par exemple, le virus SARS-CoV-2, responsable du COVID-19, a généré plusieurs variants comme Omicron, Delta ou Alpha, chacun nécessitant parfois des rappels vaccinaux spécifiques.

Cette adaptation constante des vaccins aux mutations virales est un défi majeur pour la vaccinologie moderne.

Elle ralentit la réponse aux épidémies et peut laisser des populations vulnérables sans protection pendant des mois.

C’est ce problème que l’équipe de l’Université de Cambridge et la biotech DIOSynVax a cherché à résoudre avec une approche innovante.

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IA au service de la vaccination

Pour créer un vaccin universel, les chercheurs ont utilisé l’intelligence artificielle (IA) afin d’analyser des milliers de séquences génétiques de sarbecovirus, une famille de virus incluant le SARS-CoV-2, le SRAS et des centaines de coronavirus animaux, notamment ceux présents chez les chauves-souris.

L’algorithme a identifié les régions génétiques communes à tous ces virus, c’est-à-dire les parties de leur code génétique qui ne mutent presque jamais.

À partir de ces zones stables, les scientifiques ont conçu une protéine synthétique appelée pEVAC-PS, surnommée super-antigène.

Cette protéine concentre les traits communs des sarbecovirus, ce qui permet au vaccin de cibler une large gamme de variants et de virus animaux en même temps.

Contrairement aux vaccins classiques, qui réagissent aux mutations, ce vaccin vise à anticiper les menaces futures.

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Résultats prometteurs des essais

Le vaccin pEVAC-PS a été testé sur 39 volontaires âgés de 18 à 50 ans dans des centres de recherche clinique à Cambridge et Southampton.

Aucun effet secondaire grave n’a été observé, et tous les participants ont développé une réponse immunitaire positive contre les sarbecovirus.

Jonathan Heeney, co-auteur de l’étude, a souligné que cette approche marque un tournant : « Nous ne sommes plus dans la réaction, mais dans l’anticipation ».

En effet, ce vaccin pourrait protéger contre des souches de virus que le patient n’a jamais rencontrées, car il cible des parties génétiques communes à tous les sarbecovirus.

Cependant, les quantités d’anticorps produites variaient selon les individus, probablement en raison de leurs antécédents vaccinaux ou infectieux face au COVID-19.

La prochaine étape consiste à vérifier si ces anticorps sont capables de neutraliser une infection réelle, une phase qui sera testée lors des essais de phase 2.

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Défis et calendrier futur

Malgré ces résultats encourageants, plusieurs étapes restent à franchir avant une éventuelle commercialisation du vaccin.

Tout d’abord, les essais de phase 2, déjà prévus, devront confirmer l’efficacité du vaccin sur un échantillon plus large et plus diversifié de participants.

Ensuite, il faudra démontrer que les anticorps produits sont capables de neutraliser une infection, c’est-à-dire de bloquer efficacement le virus.

Si ces tests sont concluants, ce vaccin pourrait sauver des millions de vies, selon Saul Faust, co-auteur de l’étude.

Cependant, le parcours réglementaire d’un vaccin, de la phase 2 à une autorisation de mise sur le marché, prend généralement entre 5 et 10 ans.

Ce calendrier dépendra aussi des financements externes et de la volonté politique, car les institutions impliquées ne peuvent pas garantir à elles seules la viabilité économique du projet à long terme.

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