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Les femmes ont-elles plus de difficulté à se muscler que les hommes ?

Courrier International· 2 août 2026

Dans sa rubrique “Est-il vrai que… ?”, le quotidien britannique “The Guardian” tente de répondre aux questions que l’on s’est toutes et tous déjà posées. Cette semaine, une bonne raison de ne pas craindre les entraînements sportifs mixtes.

Résumé

1

Différences hormonales puberté

Les différences de masse musculaire entre hommes et femmes s’expliquent en grande partie par les hormones sécrétées pendant la puberté.

Chez les hommes, le taux de testostérone (hormone masculine) augmente fortement, favorisant le développement musculaire.

Cette hormone stimule la croissance des muscles et réduit la masse graisseuse.

À l’inverse, les femmes produisent davantage d’œstrogènes (hormones féminines), ce qui favorise le stockage des graisses, notamment autour des hanches et des cuisses.

Ces hormones agissent comme des messagers chimiques dans le corps, influençant la répartition des tissus.

Par exemple, la testostérone est environ 15 à 20 fois plus concentrée dans le sang des hommes que dans celui des femmes.

Ces écarts hormonaux expliquent pourquoi, en moyenne, les hommes ont une masse musculaire plus importante que les femmes, mais pas nécessairement une capacité moindre à se muscler.

2

Testostérone et muscles

On croit souvent que la testostérone est le seul facteur déterminant la capacité à développer ses muscles.

Pourtant, Leigh Breen, physiologiste à l’université de Leicester, précise que ce lien est plus complexe.

Bien que les hommes aient des niveaux de testostérone bien plus élevés (15 à 20 fois supérieurs à ceux des femmes), cette hormone n’explique pas à elle seule la croissance musculaire.

Les femmes possèdent des récepteurs androgènes (protéines dans les muscles qui captent la testostérone) en quantité suffisante pour réagir à l’entraînement.

En réalité, les hommes et les femmes progressent de manière similaire en termes de croissance musculaire relative, c’est-à-dire en pourcentage d’augmentation par rapport à leur masse initiale.

Cela signifie que, pour un même entraînement, les gains musculaires en proportion sont comparables entre les deux sexes.

3

Ratio graisse/muscle

Même avec un entraînement adapté, les femmes conservent généralement un ratio graisse/muscle plus élevé que les hommes.

Ce rapport désigne la proportion de graisse par rapport à la masse musculaire dans le corps.

Pour modifier significativement ce ratio, il faut combiner un régime alimentaire strict et un entraînement intense, ce qui peut comporter des risques pour la santé.

Par exemple, une très faible proportion de graisse chez les femmes peut entraîner des dérèglements hormonaux, des cycles menstruels irréguliers ou des problèmes de fertilité.

Ces effets sont liés au rôle des graisses dans la production d’hormones comme les œstrogènes.

Ainsi, réduire drastiquement la masse graisseuse n’est pas toujours souhaitable, même si cela peut sembler bénéfique pour l’apparence physique.

4

Entraînement genré inutile

Contrairement aux idées reçues, il n’est pas nécessaire de suivre un entraînement spécifique selon son sexe pour développer ses muscles.

Leigh Breen souligne que les hommes et les femmes réagissent de manière très similaire à l’exercice physique, surtout chez les jeunes.

Les différences physiologiques existent, mais elles n’empêchent pas une progression musculaire comparable à condition de s’astreindre aux mêmes exercices.

Par exemple, des programmes de musculation classiques, comme la squat (flexion des jambes) ou le développé couché (exercice pour les pectoraux), produisent des résultats similaires chez les deux sexes.

L’efficacité dépend davantage de la régularité, de l’intensité et de la qualité de l’entraînement que du genre de la personne.

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