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Pêche urbaine : lâcher prise en pleine ville

ICI Radio-Canada· 30 juillet 2026
 Pêche urbaine : lâcher prise en pleine ville

Ron Touaty indique qu'on peut trouver plus de 50 espèces dans le lac Saint-Louis ou le canal de Lachine.

Résumé

1

Pêche en ville accessible

La pêche n’est pas réservée aux grands espaces naturels : elle se pratique aussi en milieu urbain, comme à Montréal.

Des pêcheurs locaux, comme Maurice Naudi, installent leur canne à pêche au bord du canal de Lachine ou du lac Saint-Louis, sans avoir besoin de s’éloigner en voiture ou de posséder un bateau.

Un simple siège, une canne et des appâts suffisent.

Maurice Naudi, qui fréquente le même spot depuis son enfance, y attrape des espèces variées comme le doré, l’achigan, le brochet ou l’esturgeon.

Pour lui, la réussite ne dépend pas de la prise, mais du plaisir de l’activité et des échanges avec les passants.

Le canal de Lachine, géré par Parcs Canada, offre un cadre pratique pour cette pratique, avec des berges aménagées et une accessibilité immédiate depuis la ville.

2

Boutique historique locale

La Pourvoirie de Lachine, un magasin d’articles de pêche ouvert depuis 26 ans, incarne l’engouement pour cette activité en ville.

Géré par Ron Touaty, ce commerce modeste vend du matériel et partage des histoires de prises, comme celle d’un esturgeon de plus de 100 livres.

Ron Touaty souligne que la pêche urbaine attire une clientèle diversifiée, des jeunes aux seniors, avec une hausse notable de nouveaux pêcheurs depuis la pandémie.

Il attribue aussi cette tendance à l’influence des réseaux sociaux, qui ont rendu la pêche « cool » à nouveau.

Le magasin, ouvert 11 heures par jour en été, sert de lieu de rencontre et de transmission pour les passionnés.

3

Nouvelle génération passionnée

La pêche urbaine séduit aussi les jeunes, comme Isaac et Timothée, deux frères de Belœil qui ont découvert le canal de Lachine via TikTok.

Leur mère, Julie Poirier, les accompagne régulièrement, perpétuant une tradition familiale.

Un autre exemple est Massyle, 9 ans, initié à la pêche lors de la Fête de la pêche au Québec, un événement annuel gratuit organisé par le gouvernement.

Massyle a obtenu un permis de pêcheur en herbe, valable jusqu’à ses 18 ans.

Ces exemples illustrent comment les réseaux sociaux et les initiatives locales favorisent l’émergence de nouveaux pêcheurs, malgré un contexte urbain peu propice à l’activité.

4

Immigration et transmission

Yazid Ferhat, originaire d’Algérie, et son fils Massyle ont adopté la pêche urbaine après leur arrivée au Canada.

Bien que Yazid soit un amateur de pêche en mer, c’est désormais son fils qui l’initie à cette activité locale.

Massyle partage des vidéos et des techniques vues en ligne, montrant comment la pêche devient un moyen de maintenir un lien avec une passion familiale.

Pour eux, pêcher dans le canal de Lachine rappelle les sensations de la pêche en mer, malgré un environnement différent.

Cette dynamique illustre comment l’immigration et les nouvelles technologies transforment les loisirs traditionnels.

5

Consommation ou remise à l’eau

La question de la consommation des poissons pêchés dans le canal de Lachine divise les pêcheurs.

Ron Touaty, propriétaire de la Pourvoirie de Lachine, refuse de manger ses prises en raison de la qualité de l’eau, qu’il juge encore trop polluée malgré des améliorations.

Il compare la situation à l’eau des toilettes, soulignant les risques de contamination liés aux sédiments industriels accumulés au fond du canal.

Maurice Naudi, lui, relâche les poissons trop petits, comme les perchaudes, par souci écologique.

Julie Poirier, bien que venant d’une famille de pêcheurs, évite aussi de consommer les poissons du canal, privilégiant une pratique récréative plutôt que culinaire.

6

Patience et conditions idéales

Les pêcheurs urbains s’accordent sur l’importance de la patience, élément central de cette activité.

Malgré des conditions météorologiques parfois défavorables, comme des pluies fréquentes, ils persistent.

Maurice Naudi apprécie ces moments pour profiter du vent et de la fraîcheur près de l’eau.

Julie Poirier, dont les fils Timothée et Isaac rêvent d’attraper un esturgeon, rappelle que la pêche enseigne la résilience aux enfants.

Ron Touaty va plus loin en associant cette pratique à des valeurs comme l’attente et le respect des règles, comparant les parcs d’autrefois aux jeux modernes.

Pour ces passionnés, la pêche reste une école de vie, bien au-delà de la simple capture de poissons.

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