Feux en C.-B. : un brûlage dirigé de près de 30 km2 pour sécuriser Clinton

L'opération doit priver le feu de Pear Lake de combustible aux portes du village évacué.
Résumé
Brûlage dirigé à Clinton
Le BC Wildfire Service (BCWS), l’organisme provincial chargé de lutter contre les incendies en Colombie-Britannique, a lancé mercredi 29 juillet 2026 un brûlage dirigé d’une superficie de 30 km² au nord-est de Clinton.
Cette opération consiste à allumer des feux de manière contrôlée pour éliminer le combustible (végétation, bois sec, etc.) présent entre la ligne de front de l’incendie de Pear Lake et les lignes de défense établies à l’ouest de la route 97.
L’objectif est de ralentir ou d’arrêter la progression des flammes vers le village de Clinton, évité jusqu’à présent, et de permettre aux habitants de rentrer chez eux.
Le brûlage est réalisé à la fois par des allumages aériens (depuis des avions) et manuels (par des pompiers équipés de torches).
Opposition du maire
Le maire de Clinton, Roland Stanke, s’oppose fermement à cette opération.
Il a appris son existence lors d’une réunion d’information publique virtuelle organisée par le BCWS et le district régional de Thompson-Nicola (TNRD).
Il a déclaré sur les ondes de CBC être « carrément contre » cette méthode, invoquant l’imprévisibilité des vents, qui peuvent changer de direction en quelques minutes.
Le village de Clinton n’a aucun contrôle sur cette décision, car la gestion des incendies relève des autorités provinciales.
Les pompiers, eux, défendent l’opération en soulignant que les conditions météo actuelles (vents poussant les flammes vers l’ouest) sont favorables pour sécuriser la zone.
Risques et mesures
Le BCWS a mis en place des points d’arrêt pour interrompre le brûlage si la météo change soudainement, et des aéronefs sont en vol pour éteindre d’éventuels foyers secondaires (petits feux non maîtrisés).
Bryce Moreira, commandant d’intervention du BCWS, a expliqué que cette opération permettrait de sécuriser Clinton et de faciliter le retour des habitants.
Parallèlement, le village a commencé à contacter les propriétaires dont les biens ont été endommagés ou détruits.
Cependant, 31 ordres d’évacuation concernent environ 1 600 propriétés en Colombie-Britannique, et 3 000 autres sont sous avis d’alerte (préparation à une possible évacuation).
Désinformation et préparatifs
Brian Doddridge, directeur administratif de Clinton, a dénoncé la désinformation circulant en ligne, notamment des annonces de propriétés endommagées qui se sont révélées intactes.
Il a résumé la situation en déclarant : « La première victime d’un feu de forêt, c’est la vérité.
» Jamie Vieira, directeur général des opérations du TNRD, a prévenu les résidents sous alerte de se préparer à une évacuation longue, pouvant durer des semaines.
Il a encouragé les personnes évacuées à trouver un point de chute rapidement, car les centres d’accueil, comme celui de Merritt, approchent de leur capacité maximale.
Situation des feux actifs
Mercredi 29 juillet 2026, la Colombie-Britannique comptait 127 incendies actifs.
Les feux fusionnés de Pear Lake et Fiftynine Creek, situés au nord-ouest de Clinton, couvrent une superficie de 669 km² et ne sont pas maîtrisés.
Environ 157 pompiers y sont déployés, assistés par 19 hélicoptères et 201 spécialistes de la protection des structures.
À l’est, le feu de Rim Lake s’étend sur 24 km².
Le BCWS prévoit trois jours de réchauffement et d’assèchement, avec un risque accru de comportement extrême des feux pour la fin de semaine.
La fumée des incendies rend déjà certaines routes invisibles, comme le montre une photo prise depuis un hélicoptère.
Dégâts et soutien
Dans le secteur de Big Bar, plus de 200 poteaux de distribution électrique et des centaines d’équipements ont été endommagés, selon BC Hydro.
Environ 1 100 clients sont privés d’électricité, bien que la plupart soient déjà évacués.
À Merritt, plus de 130 évacués sont accueillis, principalement du secteur de la route 8, où la Première Nation Nooaitch et le secteur de Petit Creek ont été évacués le samedi précédent.
Les services d’urgence privilégient les hébergements en hôtels ou commerces locaux plutôt que les centres collectifs, mais la capacité reste limitée.
Kamloops, déjà sollicitée par les évacués de Clinton, voit aussi ses ressources se réduire.
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