Dans le Pacifique sud, le petit État de Nauru s’appelle désormais Naoero
Ce pays, le plus petit du monde après Monaco et le Vatican, vient d’officialiser dans sa Constitution le changement de sa dénomination, de Nauru à Naoero. Un moyen pour son gouvernement de réaffirmer l’identité de cette micronation telle qu’elle existait avant la colonisation occidentale..
Le 1er août 2026, le petit État insulaire de Nauru, situé dans le Pacifique sud, a officiellement changé son nom pour Naoero. Ce changement, inscrit dans la Constitution du pays, marque une volonté de réaffirmer l'identité culturelle locale telle qu'elle existait avant la colonisation occidentale. Nauru, qui était jusqu'alors connu sous ce nom depuis des décennies, devient ainsi le premier pays au monde à adopter une dénomination issue de sa langue autochtone. Le pays, d'une superficie de seulement 21 km² et peuplé d'environ 12 000 habitants, est le plus petit État souverain après Monaco et le Vatican. Ce changement s'inscrit dans une démarche de décolonisation symbolique et de restauration d'une identité nationale.
Naoero est le nom traditionnel de l'île en langue nauruane, utilisé par les habitants bien avant l'arrivée des colons européens au XIXe siècle. Le gouvernement nauruan a justifié cette décision en expliquant que ce nom n'a jamais été perdu, mais simplement remplacé par la dénomination coloniale Nauru. Le communiqué officiel précise que Naoero fait déjà partie intégrante de l'identité du peuple, ce qui a rendu inutile l'organisation d'un référendum pour valider ce changement. Cette approche a été qualifiée de pirouette institutionnelle par certains observateurs, car elle contourne une étape démocratique classique. Le journal gouvernemental, le Nauru Bulletin, a d'ailleurs adopté le nouveau nom dès juin 2026, illustrant cette transition progressive.
Le changement de nom de Nauru en Naoero s'inscrit dans un mouvement plus large de réappropriation culturelle et politique par les nations autochtones du Pacifique. Ce territoire, qui a été une colonie allemande puis australienne avant d'obtenir son indépendance en 1968, cherche à se réaffirmer sur la scène internationale sous une identité qui lui est propre. Le gouvernement a souligné que cette décision ne visait pas à effacer l'histoire coloniale, mais à rééquilibrer la représentation de son identité nationale. Certains médias internationaux, comme The New York Times, ont d'ailleurs intégré ce changement dans leurs listes officielles de pays, confirmant ainsi sa reconnaissance officielle. Cette initiative intervient dans un contexte où plusieurs États insulaires du Pacifique font face à des défis majeurs, comme la montée des eaux ou la dépendance économique.
La communauté internationale a réagi avec prudence à ce changement. *The New York Times* a mentionné *Naoero* dans sa liste actualisée des pays du monde, tandis que des médias locaux comme *Radio New Zealand* ont couvert l'événement en soulignant son caractère symbolique. Le gouvernement nauruan a expliqué que cette décision avait été prise après une *mûre réflexion*, sans nécessiter de consultation populaire formelle, car le nom *Naoero* était déjà ancré dans la culture locale. Cette approche a été saluée par certains comme une avancée vers une meilleure reconnaissance des identités autochtones, mais elle a aussi suscité des interrogations sur les modalités de prise de décision dans un État de si petite taille. Le pays reste un acteur marginal sur la scène internationale, mais ce changement pourrait renforcer sa visibilité.

