« Très en colère », Trump s’en prend à l’OTAN tous azimuts lors du sommet de l’Alliance

Ses doléances vont du Groenland, à l'Espagne, en passant par l'absence d'aide occidentale contre l'Iran.
Résumé
Trump critique OTAN
Lors du sommet de l’OTAN à Ankara en Turquie, le président américain Donald Trump a exprimé une colère ouverte envers l’Alliance atlantique.
Il a déclaré être très en colère contre l’OTAN lors d’un échange avec le secrétaire général de l’organisation, Mark Rutte, avant une réunion officielle.
Trump a justifié son mécontentement en évoquant deux principaux griefs : l’attitude de l’OTAN concernant le Groenland et son manque de soutien face à l’Iran.
L’OTAN, ou Organisation du traité de l’Atlantique nord, est une alliance militaire et politique fondée en 1949 par 12 pays, dont les États-Unis, pour assurer la sécurité collective de ses membres.
Aujourd’hui, elle compte 32 pays, principalement des États occidentaux, et repose sur le principe de défense mutuelle : une attaque contre un membre est considérée comme une attaque contre tous.
Groenland et Iran
Donald Trump a critiqué l’OTAN pour deux raisons précises liées au Groenland et à l’Iran.
Concernant le Groenland, il a affirmé que les États-Unis avaient besoin de ce territoire autonome danois pour des raisons de sécurité mondiale, mais que les membres de l’OTAN avaient refusé de le céder aux États-Unis.
Il a rappelé qu’en 1940, lors de l’invasion nazie du Danemark, les États-Unis avaient géré la défense du Groenland avant de le rendre au Danemark après la guerre.
Le Groenland, vaste territoire arctique autonome sous souveraineté danoise, est stratégique pour sa position géographique et ses ressources naturelles.
Trump a aussi reproché à l’OTAN de ne pas soutenir les États-Unis dans leur conflit avec l’Iran, qu’il qualifie de principal État soutenant le terrorisme.
Depuis fin février 2024, les États-Unis et Israël mènent des opérations militaires contre l’Iran, et Trump déplore le manque d’engagement de ses alliés occidentaux dans ce conflit.
Espagne qualifiée cause perdue
Donald Trump a vivement critiqué l’Espagne, la qualifiant de cause perdue, et a menacé de cesser tout échange commercial avec ce pays.
Ses reproches portent sur la participation insuffisante de l’Espagne aux dépenses de défense de l’OTAN.
Chaque membre de l’Alliance s’est engagé à consacrer au moins 2 % de son produit intérieur brut (PIB) à la défense, un objectif que l’Espagne n’a pas encore atteint.
Mark Rutte, le secrétaire général de l’OTAN, a défendu l’Espagne en soulignant les progrès réalisés en 2023, où le pays a augmenté ses dépenses militaires.
Le PIB de l’Espagne s’élève à environ 1 400 milliards d’euros en 2023, et ses dépenses militaires représentent environ 1,3 % de ce PIB.
Trump a insisté sur le fait que les États-Unis ne pouvaient plus tolérer ce manque de contribution de la part de leurs alliés.
Réactions danoises
La première ministre danoise Mette Frederiksen a réaffirmé mercredi à Ankara que le Groenland n’était pas à vendre, rejetant ainsi les revendications de Donald Trump.
Le Danemark, pays européen dont fait partie le Groenland, a toujours rejeté l’idée d’une cession de ce territoire.
Le Groenland est un territoire autonome depuis 1979 et dispose de son propre gouvernement, bien que la défense et la politique étrangère restent sous la responsabilité du Danemark.
Trump avait déjà menacé de s’emparer du Groenland par la force en 2019, provoquant une crise diplomatique avec le Danemark.
Un accord-cadre flou avait ensuite été annoncé en janvier 2024 entre les États-Unis et l’OTAN, sous l’égide de Mark Rutte, mais sans préciser les modalités concrètes de cet accord.
Contexte tensions OTAN
Les tensions entre Donald Trump et l’OTAN ne sont pas nouvelles.
Depuis le début de son mandat en 2017, Trump a régulièrement critiqué les alliés européens pour leur manque de contribution financière à l’Alliance.
En 2023, seulement 11 des 31 membres de l’OTAN (hors États-Unis) atteignaient l’objectif des 2 % du PIB consacré à la défense.
Trump a aussi menacé à plusieurs reprises de réduire l’engagement des États-Unis dans l’OTAN, voire de quitter l’Alliance, si les autres membres ne augmentaient pas leurs dépenses militaires.
Le sommet de l’OTAN à Ankara, qui se déroule dans un contexte géopolitique tendu avec la guerre en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient, illustre ces divisions au sein de l’Alliance atlantique.
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