La sécheresse a fait baisser le niveau des fleuves européens à leur plus bas niveau
En Allemagne, la chute des débits du Rhin pourrait coûter jusqu’à 0,2 % du PIB au troisième trimestre. L’article La sécheresse a fait baisser le niveau des fleuves européens à leur plus bas niveau est apparu en premier sur Le Grand Continent.
Résumé
Sécheresse et fleuves européens
En août 2026, une sécheresse exceptionnelle fait baisser le niveau des principaux fleuves européens à des niveaux historiquement bas.
Le Rhin, en Allemagne, devrait atteindre son niveau le plus faible jamais enregistré à la station de Kaub, près de Coblence, avec seulement 24 centimètres prévus début août.
Ce fleuve, essentiel pour le transport fluvial, relie des sites industriels en Allemagne, Suisse, France et aux Pays-Bas, où se trouve le port de Rotterdam, premier port européen en volume de marchandises.
D'autres grands fleuves sont également touchés : le Danube, dont le débit est trois fois inférieur à la normale, le Rhône et la Saône en France, ainsi que le Pô en Italie, dont le débit est quatre fois moindre que d'habitude.
Cette situation favorise même l'intrusion d'eau salée jusqu'à 20 kilomètres en amont, un phénomène rare et préoccupant.
Impact sur la navigation
La baisse des niveaux d'eau perturbe fortement la navigation fluviale, un mode de transport crucial pour les industries lourdes comme la chimie, la pétrochimie, la sidérurgie ou les centrales à charbon.
Sur le Rhin, la navigation devient impossible lorsque le niveau descend sous 40 centimètres à Kaub.
Pour éviter l'immobilisation, les navires réduisent alors leur charge, ce qui augmente les coûts de transport.
Par exemple, le prix pour acheminer une tonne de marchandises depuis Rotterdam vers le sud de l'Allemagne a atteint 145 euros cette semaine, contre 29 euros l'an dernier à la même période.
Cette hausse des coûts reflète la rareté des péniches disponibles et la nécessité de contourner les zones les moins profondes.
Conséquences économiques
La sécheresse et ses répercussions sur les fleuves pourraient coûter jusqu'à 0,2 % du PIB allemand au troisième trimestre 2026, selon l'Institut de Kiel pour l'économie mondiale.
Cette estimation s'appuie sur les précédents épisodes de sécheresse, comme celui de 2018, où plusieurs sites industriels avaient dû suspendre leur activité en raison de l'impossibilité de transporter leurs produits par voie fluviale.
Pour limiter les risques, certaines entreprises allemandes ont déjà réorganisé leurs chaînes d'approvisionnement en privilégiant le fret routier ou ferroviaire.
Cependant, cette adaptation reste partielle et ne suffit pas à compenser pleinement les perturbations du transport fluvial, essentiel pour l'économie européenne.
Débits et records historiques
Les données hydrologiques révèlent des records inquiétants.
Le débit du Danube à son entrée en Roumanie était de 1 600 mètres cubes par seconde fin juillet 2026, contre une moyenne de 4 700 mètres cubes par seconde en juillet.
Sur le Rhône, les coefficients d'hydraulicité mensuels de juin 2026, compris entre 0,46 et 0,65, indiquent un déficit sévère, car une valeur de 1 correspond à la normale.
En Italie, le débit du Pô est si faible qu'il permet à l'eau de mer de remonter jusqu'à 20 kilomètres en amont, un phénomène qui ne s'était produit que deux fois plus loin lors des sécheresses des années 1980.
Ces chiffres illustrent l'ampleur exceptionnelle de la sécheresse actuelle.
Rôle des institutions
Plusieurs institutions surveillent et analysent la situation.
En Allemagne, l'Administration fédérale des voies navigables et de la navigation (WSV) publie des prévisions sur les niveaux des fleuves, comme celles concernant le Rhin à Kaub.
En France, l'organisme Eaufrance fournit des rapports mensuels sur l'hydrologie des bassins fluviaux, comme le Rhône et la Saône.
À l'échelle européenne, des économistes de l'Institut de Kiel évaluent l'impact macroéconomique de la sécheresse.
Ces acteurs jouent un rôle clé dans l'information des industriels et des décideurs politiques, afin d'anticiper les risques et d'organiser des solutions d'urgence, comme la réduction des charges des péniches ou le report vers d'autres modes de transport.
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