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Cette bactérie présente dans la bouche pourrait-elle jouer un rôle dans l’apparition de la maladie d’Alzheimer ?

Auriane Polge· 29 juillet 2026

Une piste bactérienne s’invite dans les débats sur les origines de la démence. En retrouvant une souche bien connue des parodontologues dans des cerveaux atteints de lésions neurodégénératives, des chercheurs remettent en cause le cadre strictement neurologique de cette maladie.

Résumé

1

Une bactérie buccale suspectée

Une étude récente suggère un lien possible entre une bactérie présente dans la bouche, appelée Porphyromonas gingivalis, et le développement de la maladie d’Alzheimer.

Cette bactérie est connue pour être impliquée dans les maladies des gencives, comme la gingivite ou la parodontite.

Les chercheurs ont découvert la présence de cette bactérie, ainsi que de ses toxines (appelées gingipaïnes), dans le cerveau de patients atteints d’Alzheimer.

Ces toxines pourraient contribuer à la formation des plaques amyloïdes, des agrégats de protéines qui s’accumulent dans le cerveau des personnes atteintes de cette maladie neurodégénérative.

Les scientifiques explorent désormais l’hypothèse selon laquelle une infection buccale chronique pourrait favoriser, ou accélérer, l’apparition de la maladie d’Alzheimer.

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Mécanismes en jeu

Les gingipaïnes, produites par Porphyromonas gingivalis, sont des enzymes capables de dégrader des protéines essentielles dans le cerveau.

Dans le cadre de l’Alzheimer, ces enzymes pourraient endommager les neurones ou perturber leur fonctionnement en s’attaquant à des protéines comme la tau, une protéine normalement présente dans les neurones.

La dégradation de la protéine tau est associée à la formation de dégénérescences neurofibrillaires, un autre marqueur caractéristique de la maladie d’Alzheimer.

Les chercheurs estiment que ces toxines pourraient également déclencher une réaction inflammatoire dans le cerveau, un processus connu pour aggraver les symptômes de la maladie.

L’étude souligne que ces mécanismes restent à confirmer par des recherches complémentaires.

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Preuves chez l’humain

L’équipe de chercheurs a analysé des échantillons de cerveau provenant de 50 patients décédés des suites de la maladie d’Alzheimer.

Dans 96 % des cas, ils ont détecté la présence de l’ADN de Porphyromonas gingivalis, ainsi que des gingipaïnes.

Ces résultats ont été comparés à des échantillons de cerveaux sains, où ces éléments étaient absents.

Les scientifiques ont également observé que les niveaux de gingipaïnes étaient corrélés à la gravité de la maladie.

Ces données suggèrent un lien statistique entre la bactérie et Alzheimer, mais ne prouvent pas encore une relation de cause à effet.

D’autres études sont nécessaires pour établir un lien direct.

4

Origine de l’infection

La bactérie Porphyromonas gingivalis se développe principalement dans la bouche, où elle provoque des inflammations des gencives.

Une mauvaise hygiène bucco-dentaire favorise sa prolifération, ce qui peut conduire à des infections chroniques comme la parodontite.

Si cette bactérie est effectivement impliquée dans la maladie d’Alzheimer, cela soulignerait l’importance d’une bonne santé bucco-dentaire pour prévenir certaines maladies neurodégénératives.

Les chercheurs envisagent que les toxines de la bactérie pourraient atteindre le cerveau via la circulation sanguine, après avoir traversé la barrière hémato-encéphalique, une membrane qui protège normalement le cerveau des substances nocives.

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Implications et recherches futures

Si ces résultats sont confirmés, ils pourraient ouvrir la voie à de nouvelles approches thérapeutiques pour lutter contre la maladie d’Alzheimer.

Les scientifiques évoquent notamment le développement d’antibiotiques ciblant Porphyromonas gingivalis ou de médicaments bloquant l’action des gingipaïnes.

Une étude clinique est déjà en cours pour tester l’efficacité d’un traitement antibiotique chez des patients atteints d’Alzheimer.

Cependant, les chercheurs insistent sur le fait que ces travaux en sont encore à un stade préliminaire.

Ils rappellent que d’autres facteurs, comme le vieillissement ou la génétique, jouent également un rôle majeur dans le développement de la maladie.

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