Le risque d'incendie a doublé en 40 ans en Europe
Le sud de l'Europe devient de plus en plus inflammable. D'après une étude publiée le 30 juillet dans la revue Scientific Reports, le nombre de journées d'été présentant des conditions très propices au déclenchement et à la propagation de feux de forêt intenses y a plus que doublé au cours des quara…
Résumé
Risque accru d'incendies
Une étude récente révèle que le risque d'incendie en Europe a doublé en 40 ans, passant de 1980 à 2020.
Ce phénomène s'explique principalement par l'augmentation des températures moyennes, liée au changement climatique, et par des périodes de sécheresse plus fréquentes et plus intenses.
Les chercheurs soulignent que ces conditions favorisent la propagation rapide des feux de forêt, même dans des régions où les incendies étaient autrefois rares.
En Europe, le nombre d'hectares brûlés annuellement a également connu une hausse significative, avec une moyenne de 500 000 hectares détruits par an depuis 2000, contre 250 000 hectares dans les années 1980.
Ces chiffres illustrent l'ampleur du phénomène et ses conséquences environnementales et économiques.
Causes principales identifiées
Les scientifiques attribuent cette augmentation à deux facteurs principaux : le réchauffement climatique et les changements d'usage des sols.
Le réchauffement climatique, causé par les émissions de gaz à effet de serre (comme le CO₂), élève les températures et assèche les sols, rendant la végétation plus inflammable.
Parallèlement, l'abandon des terres agricoles et la déforestation réduisent la diversité des écosystèmes, ce qui limite leur résilience face aux incendies.
En Europe du Sud, où les incendies sont traditionnellement plus fréquents, des régions comme la Sardaigne ou la Sicile ont vu leur risque augmenter de 300 % depuis 1980.
Ces tendances s'observent également dans des zones moins habituées aux feux, comme le nord de l'Europe.
Conséquences environnementales
Les incendies ont des impacts majeurs sur les écosystèmes européens.
Ils détruisent la biodiversité en éliminant des habitats naturels et en favorisant l'apparition d'espèces invasives.
Par exemple, les feux de forêt en Grèce en 2021 ont ravagé plus de 130 000 hectares, menaçant des espèces protégées comme la tortue d'Hermann.
Les sols, une fois brûlés, perdent leur fertilité et deviennent plus vulnérables à l'érosion, ce qui peut entraîner des glissements de terrain.
De plus, les incendies libèrent d'importantes quantités de CO₂, aggravant ainsi le changement climatique.
En 2020, les feux en Europe ont émis 20 millions de tonnes de CO₂, soit l'équivalent des émissions annuelles de 10 millions de voitures.
Mesures de prévention limitées
Face à cette situation, les stratégies de prévention des incendies en Europe restent insuffisantes.
Les plans de gestion des forêts et les coupes préventives sont souvent critiqués pour leur manque d'efficacité ou leur mise en œuvre tardive.
Par exemple, en Espagne, seulement 20 % des zones à risque bénéficient d'un plan de prévention adapté.
Les budgets alloués à la lutte contre les incendies sont également en baisse dans certains pays, comme en Italie, où les dépenses ont diminué de 15 % entre 2015 et 2020.
Les experts appellent à une meilleure coordination entre les pays européens et à des investissements accrus dans la surveillance par satellite et les systèmes d'alerte précoce, comme ceux utilisés en Portugal, où les feux ont causé la mort de plus de 100 personnes en 2017.
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