Dans les rues de la capitale de la Corée du Nord il y a de plus en plus de voitures
La hausse du nombre de véhicules en circulation dans la capitale nord-coréenne reflète les efforts de Kim Jong-Un visant à stimuler la consommation. L’article Dans les rues de la capitale de la Corée du Nord il y a de plus en plus de voitures est apparu en premier sur Le Grand Continent.
Résumé
Pyongyang change de visage
La capitale nord-coréenne, Pyongyang, connaît une transformation visible de son paysage urbain.
Traditionnellement dominée par les vélos, la ville voit désormais les voitures particulières prendre une place croissante dans les rues.
Les embouteillages et les difficultés de stationnement, autrefois impensables, sont désormais des réalités quotidiennes.
Cette évolution contraste fortement avec l’image d’un pays isolé et figé dans le passé.
Les observateurs étrangers, récemment rentrés de Corée du Nord, confirment cette mutation, qui s’accélère depuis 2025.
Cette transformation reflète une volonté politique de modernisation, même si elle reste limitée à certains quartiers ou groupes sociaux.
Voitures chinoises en hausse
Officiellement, la Corée du Nord est soumise à des sanctions des Nations unies interdisant l’importation de véhicules.
Pourtant, les rues de Pyongyang regorgent désormais de voitures, principalement de fabrication chinoise.
Les statistiques douanières chinoises révèlent une hausse significative des exportations vers la Corée du Nord, non pas de voitures complètes, mais de pièces détachées comme l’huile moteur, les pneus, les lubrifiants ou les rétroviseurs.
Les images des rues de Pyongyang confirment cette tendance : la majorité des véhicules en circulation sont des modèles chinois, souvent d’occasion.
Cette situation illustre une stratégie d’adaptation aux sanctions, en contournant les restrictions tout en répondant à une demande croissante.
Réforme historique de Kim Jong-Un
En 2025, Kim Jong-Un, le dirigeant suprême de la Corée du Nord, a pris une décision historique : autoriser les particuliers à posséder une voiture à leur nom.
Jusqu’alors, les véhicules étaient réservés aux responsables gouvernementaux, militaires ou à une élite très restreinte.
Cette réforme marque un tournant dans la politique économique nord-coréenne, en ouvrant la voie à un marché automobile privé.
Les titulaires d’un permis de conduire peuvent désormais acheter un véhicule par foyer auprès de concessionnaires agréés par l’État.
Cette mesure s’inscrit dans une logique de stimulation de la consommation interne, un objectif clé pour l’économie nord-coréenne.
Une élite privilégiée
Malgré l’augmentation du nombre de voitures, leur accès reste très limité.
Seuls les responsables civils et militaires, les donju (la classe aisée nord-coréenne) et ceux ayant des liens avec l’étranger peuvent se permettre d’acheter un véhicule.
Les donju désignent une catégorie sociale émergente, souvent composée de personnes enrichies grâce au commerce informel ou aux échanges transfrontaliers.
Aucune statistique officielle n’est disponible, mais les estimations suggèrent que le nombre de voitures particulières en circulation pourrait dépasser 20 000 en 2027, contre seulement quelques milliers en 2024-2025.
Cette concentration des véhicules entre les mains d’une minorité renforce les inégalités sociales.
Objectifs économiques et politiques
Pour Kim Jong-Un, cette réforme automobile sert deux objectifs principaux.
D’une part, elle vise à stimuler la consommation intérieure, ce qui permettrait d’augmenter les revenus de l’État.
En effet, l’État nord-coréen est propriétaire des concessionnaires et des stations-service, générant ainsi des recettes supplémentaires.
D’autre part, cette modernisation du parc automobile permet de projeter une image de dynamisme et de progrès, notamment auprès des rares visiteurs étrangers autorisés à se rendre en Corée du Nord.
Cette stratégie s’inscrit dans une logique de communication politique, visant à montrer une Corée du Nord en mutation, malgré les sanctions internationales.
Dépendance accrue à la Chine
Le développement du marché automobile en Corée du Nord renforce sa dépendance économique vis-à-vis de la Chine.
Les échanges commerciaux entre les deux pays ont été multipliés par trois entre 2022 et 2025, atteignant potentiellement 4 milliards de dollars en 2026 si la tendance se poursuit.
Cette interdépendance s’explique par le fait que la Chine est le principal fournisseur de pièces détachées et de véhicules d’occasion pour la Corée du Nord.
Cette situation illustre une réalité économique : malgré les sanctions, Pyongyang trouve des moyens de contourner les restrictions, tout en s’appuyant sur son voisin et partenaire commercial majeur.
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