Chez Meta, l’IA coûte cher et les agents ne vont pas assez vite

Une salle, deux ambiances. Lors d’un town hall qui s’est tenu ce jeudi, Mark Zuckerberg a déploré le retard pris par Meta dans le développement d’agents IA… tandis que le patron du labo IA interne, Alexandr Wang, a fait miroiter des gains substantiels pour les futurs modèles maison Spark. Lors d’un…
Résumé
Meta en retard sur l'IA
Lors d'une réunion interne le 2 juillet 2025, Mark Zuckerberg, le PDG de Meta, a reconnu que le développement des agents IA au sein de l'entreprise n'avance pas assez vite.
Les agents IA sont des programmes capables d'agir de manière autonome pour accomplir des tâches, comme répondre à des emails ou automatiser des processus.
Zuckerberg a précisé que la progression n'a pas été aussi rapide que prévu depuis au moins quatre mois.
Pour accélérer ce développement, Meta a réaffecté 7 000 salariés aux équipes dédiées à l'IA, une décision qui a suscité des tensions internes.
Malgré ces efforts, les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes, et l'entreprise a également procédé à des licenciements massifs (environ 10 % des effectifs) début 2025, dans l'espoir d'améliorer la productivité grâce à ces outils.
La restructuration a cependant été critiquée pour son manque de clarté et ses conséquences sur les conditions de travail.
Investissements colossaux
Meta a annoncé un investissement record pour 2025, compris entre 125 et 145 milliards de dollars, afin de financer ses infrastructures dédiées à l'IA.
Ces dépenses visent à renforcer les capacités de calcul et à soutenir le développement de nouveaux modèles d'IA.
Zuckerberg espère que ces investissements porteront leurs fruits dans les trois à six prochains mois.
Parallèlement, Meta explore une nouvelle piste pour rentabiliser cette infrastructure : la vente ou la location de puissance de calcul à d'autres entreprises.
Cette initiative, gérée par une structure interne appelée Meta Compute, pourrait positionner Meta en concurrent direct des géants du cloud comme AWS, Google Cloud ou Microsoft Azure.
L'objectif est de monétiser l'excédent de capacité des serveurs de Meta, tout en continuant à les utiliser pour ses propres besoins.
Nouveaux modèles en préparation
Alexandr Wang, responsable du Meta Superintelligence Labs, a présenté les prochaines étapes du développement de l'IA chez Meta.
Le prochain modèle, surnommé Watermelon, est actuellement en phase d'entraînement et devrait surpasser en puissance de calcul le modèle actuel, Avocado (nom de code interne de Muse Spark).
Wang affirme que Watermelon pourrait rivaliser avec des modèles comme GPT-5.5 d'OpenAI.
Il a également évoqué des améliorations majeures pour Muse Spark, notamment en programmation et en capacités agentiques, avec une API privée déjà en test.
L'objectif est de rendre ces outils plus compétitifs face à des solutions comme Claude Code.
Ces annonces visent à rassurer sur l'avenir de l'IA chez Meta, malgré les retards actuels.
Concurrence et enjeux stratégiques
Meta craint de prendre du retard face à ses concurrents, notamment dans le domaine des outils agentiques comme Claude Code.
Pour combler cet écart, l'entreprise mise sur des recrutements massifs de spécialistes en IA et des investissements massifs.
La course à la puissance de calcul est un enjeu majeur, avec des acteurs comme SpaceX, Google ou Anthropic qui développent leurs propres infrastructures.
Meta pourrait aussi se positionner comme fournisseur de services cloud, en louant ses serveurs à d'autres entreprises.
Cette stratégie s'inscrit dans un contexte où la demande en puissance de calcul explose, notamment pour entraîner des modèles toujours plus gourmands en ressources.
Cependant, certains observateurs s'interrogent sur la pertinence de ces investissements, alors que la surcapacité des serveurs pourrait devenir un problème à long terme.
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