L'UE lance son appel d'offres pour construire les premières gigafactories d'IA en Europe
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Résumé
Objectif de l'UE
L'Union européenne (UE) a lancé un appel d'offres historique pour construire les premières gigafactories d'intelligence artificielle (IA) en Europe.
Ce projet vise à mobiliser un total de 30 milliards d'euros d'investissements, combinant 10 milliards d'euros de fonds publics et 20 milliards d'euros de financements privés.
L'initiative s'inscrit dans une stratégie plus large de l'UE pour faire de l'Europe un continent de l'IA, comme l'a souligné Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission européenne chargée du Numérique.
L'objectif est de combler le retard technologique de l'Europe face aux États-Unis et à la Chine en développant une capacité de calcul massive, considérée comme une nécessité stratégique pour la souveraineté numérique du continent.
Détails de l'appel
L'appel d'offres, co-financé par 18 États membres de l'UE dont la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne, prévoit la construction de sept gigafactories d'IA.
Il est divisé en deux lots : le premier concerne quatre projets, chacun doté de 500 millions d'euros de fonds européens, tandis que le second cible trois projets plus ambitieux, chacun bénéficiant d'un milliard d'euros.
Les pays participants apporteront des financements comparables à ceux de l'UE.
Les lauréats seront sélectionnés en début d'année 2027, avec une mise en chantier prévue au premier trimestre 2027 et une mise en service des infrastructures dès l'année suivante.
Ces gigafactories devront être implantées dans l'UE et respecter des critères environnementaux et de souveraineté technologique.
Puissance et usages
Les gigafactories auront une puissance de calcul colossale, équivalente à au moins 75 000 processeurs à haute performance pour chaque projet du premier lot, et 100 000 pour ceux du second lot.
Cette capacité sera mise à disposition des entreprises, chercheurs, universités et organismes publics européens.
Pour lancer la dynamique, l'UE et les États financeurs s'engageront à réserver une partie de cette puissance de calcul pour leurs propres besoins, notamment ceux des administrations publiques, de la recherche et du secteur hospitalier.
La France a d'ailleurs annoncé son intention d'acquérir pour 100 millions d'euros de capacité de calcul sur une gigafactory située sur son territoire.
Dépendance technologique
Malgré les efforts pour renforcer la souveraineté technologique de l'Europe, l'UE a signé des accords avec des fabricants américains de puces électroniques, comme AMD, Nvidia et Qualcomm, pour s'approvisionner en processeurs.
Ces accords représentent une entorse aux objectifs d'autonomie technologique de l'Europe, mais Bruxelles espère pouvoir s'équiper à terme de puces conçues et produites en Europe.
Les gigafactories devront donc fonctionner avec des composants étrangers dans un premier temps, tout en contribuant à développer une filière européenne de semi-conducteurs à long terme.
Contexte et enjeux
Cette initiative s'inscrit dans le cadre d'un plan européen dévoilé en 2025, visant à mobiliser au total 200 milliards d'euros pour positionner l'Europe comme un leader en IA.
Jusqu'à présent, l'UE compte 19 usines d'IA en développement ou en activité, mais de taille plus modeste.
L'appel d'offres actuel marque un changement d'échelle pour rattraper le retard accumulé face aux États-Unis et à la Chine.
L'Europe cherche ainsi à réduire sa dépendance technologique et à renforcer sa compétitivité dans un domaine stratégique pour l'économie et la recherche du XXIe siècle.
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