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Le siècle du « rêve chinois »

Fabian Scheidler· 6 août 2026

Après le « siècle de l’humiliation » puis les erreurs de Mao Zedong, la Chine a finit par rattraper son retard de développement sur l'Occident à une vitesse incroyablement rapide. Après l'urbanisation de masse, la maîtrise de toutes les filières industrielles et la fin de l'extrême pauvreté, l'Empi…

Résumé

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Définition du rêve chinois

Le rêve chinois est une expression popularisée par le président Xi Jinping pour décrire l'objectif de la Chine de devenir une nation prospère, puissante et respectée à l'échelle mondiale.

Cette notion s'inspire du rêve américain, un idéal historique selon lequel chaque individu peut réussir grâce à ses efforts.

Cependant, en Chine, ce rêve inclut aussi une dimension collective : sortir de la pauvreté, moderniser le pays et restaurer sa place comme grande puissance après des siècles de déclin.

Le terme reflète une ambition nationale, mais aussi des critiques internes et externes sur les libertés individuelles et les inégalités sociales persistantes.

Pour les Chinois, ce rêve est aussi une réponse au siècle de l'humiliation (1839-1949), une période marquée par les guerres, l'oppression étrangère et la fragmentation du pays.

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Succès économique spectaculaire

En quarante ans, la Chine est passée d'un des pays les plus pauvres du monde à la deuxième économie mondiale.

Elle produit aujourd'hui environ un tiers de la production industrielle mondiale, soit plus que l'ensemble des pays du G7 réunis (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie et Canada).

Un exemple marquant est la ville de Zhengzhou, passée de quelques centaines de milliers d'habitants dans les années 1980 à 12 millions aujourd'hui, avec des infrastructures comparables à celles de Los Angeles.

La Chine a sorti 800 millions de personnes de la pauvreté absolue depuis les années 1980, un record historique selon la Banque mondiale.

Ce développement s'appuie sur une industrialisation massive, une urbanisation rapide et des investissements dans les technologies de pointe, comme les voitures électriques, où la Chine domine désormais le marché avec des modèles à partir de 11 000 €, bien moins chers que leurs équivalents occidentaux.

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Histoire mouvementée

La Chine a connu une trajectoire historique contrastée.

Jusqu'au XVIIIe siècle, elle était une puissance avancée, produisant des biens de haute qualité et dominant le commerce mondial.

Cependant, elle a raté le virage de l'industrialisation européenne, ce qui a conduit à des défaites face aux puissances occidentales, comme lors de la première guerre de l'opium en 1839.

Cette période, appelée le siècle de l'humiliation, a plongé le pays dans le chaos, avec des guerres civiles, des invasions étrangères et une domination économique occidentale.

La fondation de la République populaire en 1949 a mis fin à cette instabilité, mais les politiques de Mao Zedong, comme le Grand Bond en avant (1955) et la Révolution culturelle (1966-1976), ont causé des famines et un retard économique supplémentaire.

Ce n'est qu'avec Deng Xiaoping en 1978 que la Chine a entamé sa modernisation.

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Socialisme aux caractéristiques chinoises

Le socialisme aux caractéristiques chinoises est le modèle économique officiel de la Chine depuis les réformes de Deng Xiaoping.

Il combine des éléments de socialisme, comme la propriété étatique des terres et des secteurs stratégiques, avec des mécanismes de marché, comme la privatisation partielle des entreprises ou l'ouverture aux investissements étrangers.

Ce système a permis une croissance rapide, mais a aussi créé des inégalités sociales et des conditions de travail difficiles dans les années 1990 et 2000, notamment dans les zones économiques spéciales où des millions de travailleurs fabriquaient des produits pour des multinationales occidentales.

Le président Xi Jinping a ensuite introduit une politique de prospérité partagée pour réduire ces inégalités, avec une baisse du coefficient de Gini (indice des inégalités) et l'instauration d'une semaine de travail légale de 40 heures.

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État et capital sous contrôle

En Chine, l'État conserve un contrôle strict sur les secteurs clés comme le foncier, les banques, l'énergie et les infrastructures.

Ce contrôle permet une planification à long terme et une mise en œuvre de stratégies nationales, contrairement à l'Occident où les marchés financiers dominent souvent les décisions.

Par exemple, lorsque Jack Ma, le fondateur d'Alibaba, a défendu le modèle de travail 996 (9h-21h, 6 jours par semaine) en 2019, il a été rapidement mis à l'écart, suggérant une intervention directe du gouvernement.

Cette relation entre l'État et les entreprises reflète une tradition historique où les empereurs cherchaient à limiter le pouvoir des marchands pour éviter les menaces à leur autorité.

Aujourd'hui, cette approche permet à la Chine de concilier développement économique et stabilité politique.

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Transition écologique ambitieuse

La croissance rapide de la Chine a eu un coût environnemental élevé : pollution des sols, des rivières, émissions massives de gaz à effet de serre et smog dans les villes.

Depuis 2012, le pays a lancé le projet de civilisation écologique, visant à concilier développement économique et respect de l'environnement.

La Chine est aujourd'hui le leader mondial de la reforestation, avec un quart des terres reboisées dans le monde au cours des 20 dernières années.

Des initiatives comme la Muraille verte, destinée à stopper l'avancée du désert de Gobi, illustrent cette politique.

Malgré des défis persistants, comme l'étalement urbain et la dépendance au charbon, la Chine investit massivement dans les énergies renouvelables et les technologies vertes, devenant un acteur clé de la transition écologique mondiale.

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Défis et critiques persistants

Malgré ses succès économiques et écologiques, la Chine fait face à des critiques internes et externes.

Sur le plan social, les libertés individuelles restent limitées, avec une surveillance accrue et une répression des dissidences, comme lors des manifestations de 1989.

Les conditions de travail, bien qu'améliorées, restent difficiles pour une partie de la population, avec des semaines de travail longues et des salaires modestes.

Les inégalités persistent, même si le coefficient de Gini a baissé sous Xi Jinping.

À l'international, la Chine est perçue comme un rival systémique par l'Union européenne et les États-Unis, qui tentent de contenir son ascension par des mesures protectionnistes, comme les droits de douane sur les voitures électriques.

Enfin, son modèle de développement, souvent qualifié de capitalisme d'État, suscite des débats sur sa durabilité et son équité.

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