Un étrange « cure-ongles » romain de 1 600 ans déterré sur un chantier routier : ce qu'il révèle sur l'hygiène antique
Chez les Romains, un phallus miniature écartait le mauvais œil autant qu'il servait de signe de fertilité. L'un d'eux vient d'être retrouvé sur un objet de manucure à peine plus grand qu'un pouce..
En 2026, lors de travaux de construction d'une route en Royaume-Uni, des archéologues ont mis au jour un objet insolite datant de l'époque romaine, il y a environ 1 600 ans. Il s'agit d'un petit outil en bronze, long de 5 centimètres, ressemblant à un cure-ongles moderne. Cet artefact, découvert dans le comté du Wiltshire, intrigue les chercheurs car il témoigne des pratiques d'hygiène personnelle des Romains. Les Romains accordaient une grande importance à l'hygiène corporelle, comme en attestent d'autres objets similaires retrouvés en Europe. Cet outil, probablement utilisé pour nettoyer les ongles ou les cuticules, révèle une attention portée à l'apparence et à la propreté, même dans les couches sociales modestes.
L'Empire romain, à son apogée entre le Ier et le IIIe siècle, était une civilisation avancée sur le plan technologique et culturel. Les Romains développaient des infrastructures urbaines sophistiquées, comme les aqueducs (canaux transportant l'eau potable dans les villes) et les thermes (bains publics). Ces installations permettaient aux citoyens de se laver régulièrement, une pratique rare dans d'autres civilisations de l'époque. L'hygiène personnelle était donc un marqueur de statut social : les élites romaines utilisaient des objets en métal ou en ivoire, tandis que les couches populaires se contentaient de matériaux plus simples comme le bronze. Cet outil en bronze illustre cette démocratisation relative des soins corporels.
L'objet découvert ressemble à un cure-ongles actuel, mais les chercheurs hésitent sur son usage exact. Il pourrait également servir à nettoyer les oreilles, une pratique courante à l'époque romaine, comme le suggèrent d'autres artefacts similaires. Les Romains utilisaient des strigiles (racloirs en métal) pour se gratter la peau après les bains, mais cet outil semble plus petit et plus fin. Son manche est orné de motifs géométriques, indiquant qu'il appartenait peut-être à une personne aisée ou qu'il était un objet symbolique. Les analyses en laboratoire permettront de déterminer s'il a été utilisé pour l'hygiène ou à d'autres fins, comme la médecine ou les soins esthétiques.
La découverte de cet objet est significative car elle enrichit les connaissances sur les objets du quotidien des Romains. Contrairement aux statues ou aux bijoux, ces artefacts modestes sont moins souvent préservés, car fabriqués en matériaux périssables comme le bois ou le cuir. Le bronze, plus résistant, permet aux chercheurs de reconstituer des aspects méconnus de la vie romaine, comme les routines d'hygiène ou les pratiques médicales. Cette trouvaille s'ajoute à d'autres objets similaires découverts en France, en Allemagne ou en Italie, confirmant que les Romains, même dans les provinces éloignées de Rome, adoptaient des modes de vie urbains et hygiéniques.
Les Romains étaient souvent perçus comme une civilisation obsédée par l'hygiène, une réputation en partie justifiée par les témoignages de leurs contemporains et les vestiges archéologiques. Les thermes, par exemple, pouvaient accueillir jusqu'à **1 600 personnes** simultanément, comme le rapporte l'historien **Pline l'Ancien**. Cependant, cette image idéalisée doit être nuancée : l'hygiène était surtout une pratique urbaine, réservée aux élites et aux villes. Les campagnes et les classes populaires avaient un accès limité à ces commodités. Cet outil en bronze rappelle que les soins personnels étaient aussi une question de **classe sociale** et de **localisation géographique** dans l'Empire romain.

