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Le néofascisme, un capitalisme d’État d’urgence ? [Podcast]

ugopalheta· 1 août 2026

"Celui qui ne veut pas parler du capitalisme devrait se taire à propos du fascisme". Cet aphorisme du philosophe Max Horkheimer livre à la fois une vérité fondamentale et un programme de travail. C'est ce programme dont Ugo Palheta discute dans cet épisode avec Romaric Godin, journaliste économique…

Résumé

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Lien entre fascisme et capitalisme

L'article s'ouvre sur une citation du philosophe allemand Max Horkheimer, figure de l'École de Francfort, qui affirme : "Celui qui ne veut pas parler du capitalisme devrait se taire à propos du fascisme".

Cette phrase souligne l'idée que le fascisme ne peut être compris indépendamment du système économique dominant, le capitalisme.

Dans ce contexte, le fascisme n'est pas seulement un mouvement politique violent, mais aussi une réponse possible à des crises profondes du capitalisme.

L'épisode de podcast discuté dans l'article explore cette relation en analysant comment le néofascisme pourrait émerger comme une forme de capitalisme d'État d'urgence, c'est-à-dire un système où l'État, sous couvert de crise, renforce son contrôle sur l'économie et la société pour maintenir l'ordre capitaliste.

2

Triple crise du capitalisme

Romaric Godin, journaliste économique à Mediapart, et Ugo Palheta, discutent dans ce podcast du livre de Godin intitulé Le problème à trois corps du capitalisme.

L'ouvrage, publié aux éditions La Découverte, analyse la montée du néofascisme comme une réponse à une triple crise du capitalisme : économique, écologique et anthropologique.

La crise économique renvoie aux difficultés structurelles du système capitaliste, comme les inégalités croissantes ou les cycles de récession.

La crise écologique désigne l'urgence climatique et l'épuisement des ressources naturelles, tandis que la crise anthropologique concerne la dégradation des liens sociaux et la perte de sens dans les sociétés modernes.

Selon les auteurs, le néofascisme tente de résoudre ces crises par des mesures autoritaires, mais cette solution est vouée à l'échec, car elle aggrave la destruction de l'environnement et les inégalités sociales.

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Néofascisme comme capitalisme d'État

Le néofascisme est présenté ici comme une forme de capitalisme d'État d'urgence, c'est-à-dire un système où l'État prend un contrôle accru sur l'économie pour faire face à des crises perçues comme insurmontables.

Cette approche se caractérise par un renforcement de l'autoritarisme, une militarisation de la société et une restriction des libertés individuelles au nom de la stabilité économique ou de la sécurité nationale.

L'article souligne que cette solution est non seulement inefficace à long terme, mais qu'elle entraîne des conséquences dramatiques : guerres, prédations économiques, aliénation accrue des individus et destruction accélérée de l'environnement.

Le néofascisme, dans cette perspective, n'est pas un simple retour à un passé révolu, mais une adaptation du capitalisme à ses propres contradictions.

4

Échec et conséquences

Les auteurs du podcast et du livre insistent sur le fait que les tentatives de résoudre les crises du capitalisme par le néofascisme ne peuvent mener qu'à plus de destruction.

En effet, cette voie aggrave les problèmes initiaux : elle creuse les inégalités, accélère la dégradation écologique et renforce les mécanismes d'oppression sociale.

Par exemple, les politiques autoritaires mises en place sous couvert de crise économique ou environnementale se traduisent souvent par des répressions contre les mouvements sociaux, des restrictions des droits démocratiques et une exploitation accrue des ressources naturelles.

Ainsi, le néofascisme, loin d'être une solution, devient un accélérateur de crises, rendant toute issue positive encore plus difficile à envisager.

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Sortir du capitalisme

Face à l'échec du néofascisme comme réponse aux crises du capitalisme, les auteurs proposent une alternative radicale : sortir du capitalisme.

Cela implique de rompre avec l'organisation actuelle de la production et de la vie sociale, qui repose sur l'exploitation, la concurrence et la croissance infinie.

Cette rupture nécessite des transformations profondes, tant au niveau économique que politique et culturel.

Elle implique notamment la remise en question des rapports de domination, la redistribution des richesses et la transition vers des modèles économiques respectueux de l'environnement.

L'article souligne que cette sortie du capitalisme n'est pas une utopie, mais une nécessité pour éviter l'effondrement écologique et social.

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Contexte et acteurs clés

L'article est publié le 1er août 2026 sur le site Contretemps, une revue de critique communiste fondée en France.

Les deux principaux intervenants sont Romaric Godin, journaliste économique à Mediapart, et Ugo Palheta, chercheur et auteur spécialisé dans les questions de fascisme et de capitalisme.

Le mixage du podcast est réalisé par Aurélien Thome, et la photographie accompagnant l'article est signée Martin Noda / Hans Lucas.

Le podcast s'inscrit dans une réflexion plus large sur les crises contemporaines et leurs implications politiques, en lien avec les travaux de l'École de Francfort et des théoriciens critiques du capitalisme.

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