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Numérique

Samsung et LG font le ménage dans les apps TV dopées aux proxys résidentiels

Next.ink · mis à jour il y a 5 h

À quelques semaines d’écart, LG et Samsung ont annoncé la suspension ou l’interdiction sur leurs plateformes de téléviseurs connectés d’applications intégrant des systèmes de proxy résidentiel. Il en existe des utilisations légitimes, mais le manque de transparence de ces SDK, leur activation à distance et la difficulté pour les utilisateurs de comprendre ce à quoi […].

Apps TV détournées

En juillet 2026, une étude de la société Spur révèle que 42 % des applications disponibles sur webOS, la plateforme des téléviseurs connectés de LG, intègrent des SDK (kits de développement logiciel) permettant de transformer ces téléviseurs en nœuds de sortie de proxy résidentiel. Un quart des téléviseurs Samsung fonctionnant sous Tizen contiennent également ces composants. Un proxy résidentiel est un service qui utilise l’adresse IP d’un utilisateur pour masquer l’origine d’une connexion internet. Ici, les téléviseurs deviennent des relais involontaires pour des activités comme le scraping (collecte automatisée de données), le contournement de blocages géographiques ou même des fraudes, exposant l’utilisateur à des risques juridiques ou techniques.

Réaction des constructeurs

Face à cette situation, LG et Samsung ont réagi. LG a annoncé le 21 juillet 2026, via son vice-président John Taylor, qu’il travaillait avec les développeurs pour retirer ces fonctions de proxy résidentiel de leurs applications. Les applications refusant cette suppression seront suspendues. Samsung, de son côté, a mis en place des politiques strictes interdisant l’intégration de ces SDK dans les nouvelles applications de sa boutique Tizen, et supprime celles déjà présentes. Les deux constructeurs soulignent que ce n’est pas une utilisation prévue pour des téléviseurs connectés. Cette décision intervient alors que LG est déjà critiqué pour d’autres pratiques, comme la promotion agressive d’un antivirus sur ses moniteurs PC.

Bright Data en ligne de mire

Une enquête de la société Mnemonic a identifié que des jeux comme Pac-Man ou 2048 Football Cup, disponibles sur les téléviseurs Samsung, intégraient le SDK de Bright Data, une entreprise israélienne spécialisée dans les proxys résidentiels. Ces jeux proposent une expérience sans publicité en échange du consentement de l’utilisateur à utiliser son adresse IP pour télécharger des données publiques. Bright Data affirme que chaque utilisateur donne explicitement son accord et reçoit une contrepartie, et que ses pratiques ont été auditées par PwC. Pourtant, l’architecture de ces applications soulève des questions : les SDK sont « dormants » tant que l’utilisateur n’a pas accepté, mais le vrai code est chargé depuis un serveur distant après validation.

Proxys résidentiels légitimes

Les proxys résidentiels ont des usages légitimes, comme vérifier l’efficacité de la censure en ligne, comparer des prix géolocalisés, ou contrôler la conformité des publicités. Ils sont appréciés car leur trafic ressemble à celui d’un utilisateur humain normal. Cependant, ils sont aussi utilisés pour des activités illégales ou contraires à l’éthique, comme le scraping massif de données (par exemple, des profils LinkedIn) ou l’entraînement d’intelligences artificielles. Orange, en 2024, avait déjà alerté sur le fait que ces proxys représentaient une menace croissante dans le cyberespace, car ils permettent à des attaquants de se fondre dans le trafic légitime.

Risques pour les utilisateurs

Les risques pour les utilisateurs de téléviseurs transformés en nœuds de proxy résidentiel sont multiples. Leur adresse IP fixe peut être signalée en cas d’activité suspecte, comme du scraping ou de la fraude, entraînant des problèmes juridiques ou une dégradation de leur accès internet (latence, blocage par des fournisseurs d’accès). Certains utilisateurs acceptent volontairement de louer leur connexion, tandis que d’autres sont piratés sans le savoir. Les proxys résidentiels s’appuient sur des millions d’adresses IP, incluant celles des téléviseurs, des routeurs domestiques ou des smartphones, pour créer un réseau de relais difficile à tracer.

Ce que ça pourrait changer

Le modèle économique des proxys résidentiels repose souvent sur une forme de *Proxyware as a Service* (PaaS), où les développeurs intègrent facilement cette fonctionnalité dans leurs applications. Les utilisateurs, en échange d’un service gratuit (comme des jeux sans publicité), acceptent de partager leur connexion. Ce modèle rappelle le principe « si c’est gratuit, c’est vous le produit ». Cependant, les utilisateurs ne comprennent pas toujours l’usage final de leur connexion, ni les risques encourus. Les constructeurs de téléviseurs tentent désormais de réguler cette pratique, mais des questions persistent sur la transparence et le consentement réel des utilisateurs.

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