Après le double séisme, Caracas, entre l’inconcevable deuil et l’impossible retour à la normale
C’est un paysage fait d’édifices effondrés ou fragilisés, de tentes provisoires qui accueillent les milliers de personnes délogées et de secouristes cherchant encore des corps ou un miracle. Au milieu des ruines, les habitants de la capitale du Venezuela ne cessent de revivre le cauchemar du double…
Résumé
Deux séismes dévastateurs
Le 24 juin 2025, le Venezuela a subi deux séismes d'une violence exceptionnelle, marquant la pire tragédie naturelle de son histoire récente.
Ces tremblements de terre ont frappé durement le pays, notamment la région de Caracas, où les dégâts matériels et humains sont considérables.
Les séismes, dont l'épicentre se situait à Junquito, une zone touristique proche de la capitale, ont provoqué des effondrements d'immeubles, des glissements de terrain et des répliques fréquentes.
Selon la Funvisis (Fondation vénézuélienne de recherches en sismologie), plus de 600 répliques ont déjà été enregistrées depuis le 24 juin, alimentant un climat de peur et d'incertitude parmi la population.
Ces répliques, qui sont des secousses secondaires moins puissantes mais prolongées, rendent les opérations de secours particulièrement dangereuses et stressantes pour les habitants.
Caracas en état de choc
Une semaine après les séismes, Caracas reste paralysée par le deuil et l'angoisse.
La circulation est ralentie, les écoles sont fermées jusqu'au 6 juillet, et seuls les quartiers non touchés par les tremblements de terre ont repris les cours.
Les bureaux fonctionnent au ralenti, tandis que les habitants scrutent les bâtiments endommagés, incapables de détourner le regard des traces de la catastrophe.
La peur des répliques constantes, qui se comptent par centaines, empêche les Vénézuéliens de se sentir en sécurité.
Dans certains quartiers comme Palos Grandes, en banlieue est de Caracas, des familles continuent d'espérer retrouver des proches disparus sous les décombres.
Cette situation crée un climat de tension extrême, où le soulagement se mêle à l'incertitude quant à l'avenir.
Opérations de sauvetage intenses
À seulement trente minutes de Caracas, des dizaines de bénévoles, dont Eddie Tirado, 41 ans, s'organisent pour sauver des vies.
Armés de pioches, de pelles et de cordes, ils se relaient jour et nuit pour dégager les décombres et extraire les victimes des effondrements.
Leur travail est physique et épuisant, mais ils refusent de s'arrêter, malgré le risque constant de nouveaux effondrements.
Les équipes de secours, souvent composées de voisins, de proches ou de volontaires, travaillent sans relâche pour éviter que le bilan humain ne s'aggrave.
Ces opérations illustrent la solidarité des Vénézuéliens face à l'urgence, mais aussi les limites des moyens disponibles pour faire face à une telle catastrophe.
Médias sous pression politique
Le quotidien vénézuélien El Nacional, fondé en 1943, est l'un des médias les plus emblématiques du pays.
Historiquement indépendant et reconnu, il a été ciblé par la répression judiciaire sous les régimes d'Hugo Chávez et de Nicolás Maduro.
En 2018, le journal a dû arrêter sa publication papier et se tourner vers le web, avec des serveurs basés à l'étranger pour contourner la censure.
Depuis 2022, son site Internet est bloqué au Venezuela, mais il reste accessible via des réseaux privés virtuels (VPN) et ses réseaux sociaux.
Malgré ces obstacles, El Nacional conserve une forte audience, avec 12 millions de visiteurs uniques par mois en 2025, selon son directeur, Miguel Henrique Otero, qui vit en exil en Espagne depuis 2015.
Ce média incarne la résistance de la presse libre face à l'autoritarisme.
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