NapseflowNapseflow
Article externe

Guerre en Iran: l'armée américaine arrive-t-elle à court de munitions?

Matthias Troude· 30 juillet 2026

L'administration Trump nie toute pénurie de missiles, tout en demandant de débloquer davantage d'argent pour en produire. Un effort de guerre qui interroge.

Résumé

1

Trêve et négociations

Les États-Unis ont observé une pause dans leurs frappes contre l’Iran depuis le 24 juillet 2026, après deux semaines de violations répétées d’un cessez-le-feu.

Cette trêve informelle est présentée par le président américain Donald Trump comme une opportunité pour relancer les négociations.

Cependant, des sources comme le New York Times indiquent que l’épuisement des stocks de munitions, notamment de missiles coûteux et sophistiqués, a aussi motivé cette pause.

L’opération militaire américaine, nommée « Epic Fury », a duré quarante jours et a coûté 37,5 milliards de dollars (33 milliards d’euros), principalement consacrés à la production de munitions.

Donald Trump dément toute pénurie, mais le secrétaire à la défense Pete Hegseth a finalement demandé 87 milliards de dollars supplémentaires (77 milliards d’euros) au Sénat le 21 juillet pour combler des déficits critiques en équipements militaires.

2

Stocks de missiles épuisés

Le nombre exact de munitions utilisées contre l’Iran reste classé secret défense, tout comme les stocks restants.

Cependant, des données compilées par le Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS), basé à Washington, révèlent une situation préoccupante.

Selon ces estimations, les États-Unis auraient utilisé jusqu’à deux tiers de leurs stocks de missiles de croisière Tomahawk, conçus pour des frappes à longue distance.

Sur un stock initial de 3 000 missiles, plus de 1 000 ont été lancés, et leur remplacement prendrait jusqu’à cinq ans.

Les systèmes de défense antiaérienne, comme le missile Patriot (sol-air) ou le THAAD (défense à haute altitude), sont aussi très sollicités.

Par exemple, 1 430 missiles Patriot sur 2 330 ont été utilisés, et entre 190 et 290 missiles THAAD sur 360 ont été tirés.

Ces systèmes sont coûteux et leur production ne peut pas être accélérée.

3

Risques géopolitiques

L’amenuisement des stocks de missiles crée une fenêtre de vulnérabilité pour les États-Unis, selon Mark Cancian, conseiller au CSIS.

Cette situation limite leur capacité à mener des conflits simultanés, notamment dans le Pacifique face à la Chine, ou en Europe face à la Russie.

La Chine, la Russie et la Corée du Nord observent avec attention cette faiblesse américaine.

Parallèlement, Pékin investit massivement dans des drones en essaim, une tactique moins coûteuse et plus flexible que les missiles traditionnels.

Cette pénurie inquiète aussi les alliés européens, comme l’a souligné le président ukrainien Volodymyr Zelensky en mars 2026.

Les États-Unis produisent environ 800 missiles Patriot par an, mais leur utilisation massive en Iran laisse peu de ressources pour d’autres conflits, comme celui en Ukraine.

4

Réactions américaines

Au sein de l’état-major américain, l’épuisement des stocks de missiles n’est pas considéré comme une crise majeure.

Plusieurs raisons expliquent cette position.

D’abord, l’Iran souffre d’une pénurie encore plus sévère en munitions.

Ensuite, certains responsables estiment que l’utilisation massive de missiles crée un effet dissuasif : montrer sa capacité à frapper renforce la crédibilité militaire des États-Unis.

Jacob Olidort, vétéran de la CIA et membre du groupe de réflexion America First Policy Institute, affirme que les armes ont un double rôle : leur possession et leur utilisation démontrent la puissance américaine.

Cette logique vise à éviter de nouveaux conflits en dissuadant les adversaires potentiels.

Commentaires (0)

Connecte-toi pour commenter

Se connecter

Aucun commentaire pour le moment.

Découvre plus de contenu sur Napseflow