Singapour enregistre le nombre de naissances le plus faible depuis soixante ans
En 2025, moins de 30 000 bébés sont nés à Singapour, soit le chiffre le plus bas depuis 1965, date à laquelle la cité-Etat est devenue indépendante. La baisse de la natalité est devenue chronique, et le gouvernement ne parvient pas à l’enrayer, malgré de multiples mesures en faveur des familles.
Résumé
Record historique des naissances
En 2025, Singapour a enregistré son nombre de naissances le plus bas depuis 60 ans, avec seulement 29 864 bébés nés dans l’année.
Ce chiffre marque une chute de 11,4 % par rapport à 2024, selon le Rapport sur l’enregistrement des naissances et des décès 2025 publié le 27 juillet par l’Autorité chargée de l’immigration et des points de contrôle, une agence du ministère de l’Intérieur.
Pour la première fois depuis l’indépendance de la cité-État en 1965, le nombre de naissances est passé sous la barre des 30 000.
Cette baisse s’inscrit dans une tendance de long terme, car Singapour comptait entre 40 000 et 50 000 naissances par an dans les années 1970 à 1990, avant de voir ce nombre régulièrement diminuer par la suite.
Le taux de fécondité, qui mesure le nombre moyen d’enfants par femme en âge de procréer, a atteint 0,87 en 2025, un niveau historiquement bas.
Pour assurer le renouvellement de la population, un taux de 2,1 enfants par femme est nécessaire.
Décès en légère hausse
Parallèlement à la baisse des naissances, le nombre de décès à Singapour a légèrement augmenté en 2025, passant à 26 499, soit une hausse de 0,2 % par rapport à 2024.
Cette augmentation, bien que modérée, contribue à réduire l’accroissement naturel de la population, qui correspond à la différence entre le nombre de naissances et celui de décès.
En 2025, cet accroissement naturel n’était plus que de 3 365 personnes, contre 7 261 en 2024 et 14 380 en 2021.
Cette baisse reflète une tendance inquiétante pour l’avenir démographique du pays, car l’accroissement naturel est un indicateur clé de la dynamique de la population locale.
Le gouvernement singapourien a souligné en février 2025 que cette situation pourrait entraîner une diminution de la population de citoyens singapouriens dès le début des années 2040, en raison du manque croissant de femmes en âge de procréer.
Population globale en croissance
Malgré la baisse des naissances et la légère hausse des décès, la population totale de Singapour a augmenté de 1,2 % en juin 2025, atteignant 6,11 millions d’habitants.
Cette croissance s’explique principalement par l’augmentation de la population non résidente, c’est-à-dire les étrangers venus travailler ou étudier dans le pays.
Ces derniers incluent notamment des travailleurs du secteur de la construction et des employés de maison, qui ne disposent pas de droits à la résidence permanente.
Selon Nikkei Asia, cette dépendance à l’immigration temporaire permet de compenser partiellement la baisse de la population locale, mais ne résout pas le problème structurel du faible taux de natalité.
Le gouvernement singapourien a reconnu la nécessité d’un flux d’immigration soigneusement géré pour atténuer les effets du déclin démographique, tout en mettant l’accent sur des politiques visant à encourager les Singapouriens à fonder une famille.
Mariages et priorités sociétales
Le nombre de mariages à Singapour a également diminué en 2025, avec seulement 24 687 unions enregistrées, soit une baisse de plus de 6 % par rapport à 2024.
Ce chiffre représente le niveau le plus bas depuis 2020, année marquée par les restrictions liées au Covid-19.
Cette tendance reflète des évolutions sociétales profondes, notamment le report de l’âge du premier mariage et de la parentalité.
Les femmes qui deviennent mères pour la première fois sont de plus en plus âgées, avec un âge médian de 32,1 ans en 2025, contre 29,2 ans il y a vingt ans.
Par ailleurs, 67,7 % de ces femmes sont titulaires d’un diplôme universitaire et 85,7 % font partie de la population active, ce qui illustre un niveau d’éducation et d’engagement professionnel plus élevé.
Ces changements de priorités personnelles et professionnelles expliquent en partie le recul du taux de fécondité, malgré les aides financières et les programmes de soutien mis en place par le gouvernement.
Défis économiques et politiques
Le coût élevé du logement à Singapour, l’un des marchés immobiliers les plus chers au monde, constitue un obstacle majeur pour les couples souhaitant fonder une famille.
Malgré les mesures incitatives telles que les primes à la naissance, les aides à la garde d’enfants et les programmes de priorité au logement pour les familles nombreuses, ces dispositifs ne suffisent pas à inverser la tendance à long terme.
Le gouvernement singapourien a fait de l’encouragement à la natalité une priorité absolue, mais la tâche est complexe dans une société où les valeurs traditionnelles s’effritent et où les jeunes générations privilégient souvent leur carrière ou leur qualité de vie.
Le vice-Premier ministre Gan Kim Yong a souligné en février 2025 que les politiques actuelles ne permettront probablement pas d’inverser la tendance, en raison du vieillissement de la population et de la baisse du nombre de femmes en âge de procréer.
La cité-État doit donc composer avec un dilemme : maintenir sa croissance économique grâce à une main-d’œuvre immigrée tout en tentant de relancer la natalité locale.
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