À voir au cinéma: «Les Matins merveilleux», «The Ugly» et «Home Stories»
Rien de commun en apparence entre les films d'Avril Besson, de Yeon Sang-ho et d'Eva Trobisch, sinon trois manifestations d'une confiance dans les moyens du cinéma pour rendre sensible ce qui rapproche ou divise les humains.
Résumé
Trois films à l’affiche
Trois films sortent simultanément le 29 juillet 2026 en France : Les Matins merveilleux d’Avril Besson, The Ugly de Yeon Sang-ho et Home Stories d’Eva Trobisch.
Ces œuvres, primées ou repérées lors du Festival de Cannes 2026, explorent des thèmes variés : la résilience face à la perte, les normes sociales de beauté et les tensions familiales dans des contextes géographiques et historiques distincts.
Les Matins merveilleux se déroule dans une station balnéaire méditerranéenne déserte en basse saison, The Ugly alterne entre la Corée du Sud des années 1970 sous dictature et le présent, tandis que Home Stories plonge le spectateur en Allemagne de l’Est, plus précisément dans la ville de Greiz en Thuringe.
Un road-trip poétique et drôle
Les Matins merveilleux suit Charlie, une jeune femme interprétée par India Hair, qui part en voiture avec des vinyles disco après la mort de sa grand-mère.
Le voyage, à bord d’une Renault Clio, devient une quête initiatique à travers des rencontres inattendues.
Parmi elles, Marina, une barmaid transgenre et lucide, et Titou, un ancien roi du disco joué par Éric Cantona, qui offre à Charlie une leçon de danse métaphorique.
Le film, d’une durée de 1h27, est salué pour son ton à la fois naïf et profond, mêlant humour et émotion.
Il s’inscrit dans une tendance récente du cinéma français qui met en scène des lieux touristiques hors saison, comme les montagnes alpines ou les plages de la Côte d’Azur, pour y décrire des rencontres authentiques et déjouer les clichés.
La beauté et la laideur sociale
The Ugly, réalisé par Yeon Sang-ho (Dernier Train pour Busan), interroge les normes esthétiques et sociales à travers l’histoire d’un graveur aveugle dont la femme, Young-hee, est méprisée pour son apparence.
Le film, tourné en partie dans les années 1970 en Corée du Sud sous dictature, montre comment la laideur perçue peut masquer des qualités humaines exceptionnelles.
Le titre The Ugly désigne moins l’apparence physique que les comportements égoïstes et conformistes d’une société obsédée par l’ordre et la réussite matérielle.
Le film, d’une durée de 1h42, utilise des décors volontairement artificiels et des éclairages marqués pour souligner cette critique, tout en évitant un relativisme facile.
Il mêle drame familial et réflexion sur la beauté, avec des flashbacks qui révèlent l’injustice subie par Young-hee.
Une famille en crise en ex-RDA
Home Stories d’Eva Trobisch plonge le spectateur dans une famille dysfonctionnelle en Allemagne de l’Est, plus précisément à Greiz en Thuringe.
Matze, un père maladroit, voit sa femme le quitter pour un autre homme.
Sa fille, Lea, une adolescente en quête de reconnaissance, tente de percer dans la chanson via un concours télévisé inspiré de The Voice.
Le film, d’une durée de 1h56, alterne entre des plans courts et désorientants et des moments de calme apparent, reflétant le malaise sociétal et générationnel de la région.
L’ex-Allemagne de l’Est, marquée par un déclin économique et une montée de l’extrême droite, sert de toile de fond à une intrigue où chacun tente de trouver sa place, souvent en vain.
Le titre Home Stories évoque l’idée que chacun possède une singularité, mais que peu parviennent à l’exprimer ou à la partager.
Des réalisatrices prometteuses
Ces trois films sont l’œuvre de réalisatrices ou réalisateurs émergents ou confirmés, repérés lors du Festival de Cannes 2026.
Avril Besson, avec Les Matins merveilleux, confirme son talent pour capturer l’énergie des rencontres improbables.
Yeon Sang-ho, déjà connu pour Dernier Train pour Busan, approfondit ici sa critique sociale sans recourir à des éléments fantastiques.
Eva Trobisch, avec Home Stories, explore les tensions familiales et les fractures générationnelles dans l’ex-Allemagne de l’Est.
Ces œuvres s’inscrivent dans une dynamique du cinéma contemporain français et international, où les premiers ou deuxièmes films sont souvent salués pour leur originalité et leur audace narrative.
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