Report des nouvelles cartes des zones inondables : imprécisions et incertitudes dénoncées

De nouvelles cartes de zones inondables devaient être publiées le 1er août.
Résumé
Report des cartes
La publication des nouvelles cartes des zones inondables au Québec, initialement prévue pour le 1er août, a été reportée.
Ce report est critiqué par plusieurs acteurs locaux et régionaux, comme la Communauté métropolitaine de Montréal, qui attendent ces cartes depuis des années.
Le manque de précisions et les incertitudes entourant ces cartes sont au cœur des préoccupations.
Par exemple, le maire de Saint-Raymond, Claude Duplain, exprime son mécontentement en soulignant que ce délai prolongé, combiné à l'approche des élections, pourrait expliquer ce report.
Il ajoute que les citoyens méritent d'avoir accès à ces informations pour mieux se préparer et adapter leurs habitations.
Rôle des municipalités
Les municipalités disposent de données précises sur les zones inondables, mais ne peuvent pas les utiliser directement pour mettre à jour les cartes officielles.
André Bélanger, directeur général de la Fondation Rivières, souligne cette situation paradoxale en expliquant que les collectivités locales ont les outils pour agir, mais sont bloquées par des procédures administratives ou politiques.
Il insiste sur l'urgence d'agir, car les inondations surviennent régulièrement et que l'absence de cartes actualisées retarde les mesures d'adaptation nécessaires.
Selon lui, ce report de six mois est regrettable, car il maintient les citoyens dans l'incertitude quant à leur sécurité et à leurs biens.
Incertitudes immobilières
L'absence de cartes actualisées crée une grande incertitude dans le marché immobilier.
Nathalie Bégin, directrice de l'Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), explique que les clients et les professionnels du secteur sont dans l'expectative, car ils ne peuvent pas fournir d'informations fiables sur les risques d'inondation liés à une propriété.
Certaines maisons jamais inondées apparaissent pourtant sur les anciennes cartes, ce qui complique les transactions.
Les acheteurs deviennent plus prudents et certains décident d'assumer le risque, tandis que les vendeurs se retrouvent dans des situations délicates, notamment lorsque leurs biens perdent de la valeur.
Enjeux économiques
Le report des nouvelles cartes a des conséquences économiques directes.
Olivier Dumais, maire de Saint-Lambert-de-Lauzon et préfet de la MRC de La Nouvelle-Beauce, indique que dans certaines municipalités comme Sainte-Marie-de-Beauce, Scott et Vallée-Jonction, la nouvelle ligne d'inondation sera 15 % plus élevée.
À Scott, cela affectera le tiers des demeures, dont une majorité ne seront plus assurables, entraînant une baisse de leur valeur.
Cette situation aura un impact sur la taxation locale, car la valeur des propriétés sert de base pour calculer les impôts fonciers.
Dumais suggère que ces enjeux économiques pourraient avoir influencé le report des cartes.
Position du gouvernement
Le gouvernement du Québec est critiqué pour le retard dans la publication des cartes, mais certains acteurs reconnaissent que la création de ces cartes est un processus complexe.
La Communauté métropolitaine de Québec (CMQ) a annoncé qu'elle signerait une entente avec le gouvernement pour enclencher le processus de mise à jour des cartes, mais précise que leur publication n'est pas prévue avant 2026.
Le Bureau d'assurance du Canada (BAC) souligne l'importance d'une cartographie moderne et basée sur des données solides, car elle est essentielle pour orienter l'aménagement du territoire et renforcer la résilience des collectivités face aux inondations.
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