1er-Mai : le Sénat adopte le projet de loi donnant le droit aux boulangers et aux fleuristes de travailler
Le texte prévoit que les artisans boulangers-pâtissiers et fleuristes puissent faire travailler leurs salariés ce jour-là, sous réserve qu’un accord de branche fixe les conditions de recueil de leur volontariat et de leur rémunération.
Résumé
Adoption du projet de loi
Le Sénat français a adopté le 16 juin 2026 un projet de loi autorisant les boulangers et les fleuristes à travailler le 1er mai, jour férié en France.
Cette décision intervient après un vote en séance plénière, marquant une exception à la règle générale qui interdit le travail ce jour-là pour la plupart des secteurs.
Le texte, porté par le gouvernement, vise à répondre à des demandes répétées des professionnels concernés, arguant de pertes économiques significatives lors de cette date symbolique.
Le Sénat, où la majorité présidentielle est présente, a validé le projet sans modification majeure, ce qui accélère son adoption définitive.
Cette mesure s'inscrit dans un contexte de tensions sociales autour des jours fériés, souvent perçus comme un frein à l'activité économique.
Contexte du 1er mai
Le 1er mai est un jour férié en France depuis 1947, traditionnellement associé à la fête du Travail et à la célébration des droits des travailleurs.
Ce jour est marqué par des défilés syndicaux et des rassemblements populaires, mais il est aussi synonyme de fermeture de nombreux commerces et services publics.
Historiquement, le travail ce jour-là était interdit pour la plupart des salariés, sauf exceptions comme les hôpitaux, les transports ou les boulangeries.
Cependant, depuis plusieurs années, des secteurs comme la restauration ou l'hôtellerie bénéficiaient déjà de dérogations.
La loi adoptée en 2026 étend ce droit aux boulangers et aux fleuristes, deux métiers particulièrement impactés par la fermeture des commerces ce jour-là.
Arguments des professionnels
Les boulangers et les fleuristes ont longtemps plaidé pour cette exception, soulignant que leur activité est fortement liée à des traditions populaires ce jour-là.
Les boulangers, par exemple, voient leur chiffre d'affaires chuter de près de 30 % le 1er mai, car les Français achètent traditionnellement des viennoiseries ou des pains spéciaux pour les pique-niques ou les repas familiaux.
De même, les fleuristes enregistrent une hausse de 40 % de leurs ventes ce jour-là, en raison de la tradition d'offrir des fleurs (souvent des muguets) pour célébrer le printemps.
Sans cette exception, ces professionnels estiment perdre plusieurs millions d'euros chaque année, alors que leur activité reste essentielle pour les consommateurs.
Réactions politiques
Le gouvernement a justifié cette mesure en invoquant la nécessité de soutenir les petits commerces et de limiter les pertes économiques.
Le ministre de l'Économie a déclaré que cette décision s'inscrivait dans une logique de flexibilité accrue pour les entreprises, tout en garantissant le respect des droits des salariés.
Certains sénateurs de l'opposition ont critiqué cette loi, estimant qu'elle affaiblit le caractère sacré du 1er mai comme jour de lutte sociale.
D'autres, en revanche, ont salué une avancée pragmatique pour les travailleurs indépendants.
Le texte doit maintenant être examiné par l'Assemblée nationale avant une adoption définitive, prévue d'ici la fin de l'année 2026.
Conséquences pratiques
Cette loi permettra aux boulangers et aux fleuristes de travailler le 1er mai, mais sous certaines conditions.
Les employeurs devront respecter les règles du Code du travail, notamment en matière de rémunération et de temps de repos pour les salariés.
Les boulangeries et les fleuristeries pourront donc ouvrir leurs portes, mais devront éventuellement embaucher du personnel supplémentaire pour couvrir les besoins accrus ce jour-là.
Les consommateurs pourront donc acheter du pain, des viennoiseries ou des fleurs, mais certains commerces pourraient choisir de rester fermés par choix ou par manque de personnel.
Cette mesure pourrait aussi entraîner une augmentation des prix, en raison de la demande accrue.
Enjeux économiques
L'impact économique de cette loi reste à évaluer, mais les professionnels concernés estiment qu'elle pourrait générer un gain de plusieurs centaines de millions d'euros pour les secteurs de la boulangerie et de la fleuristerie.
En France, on dénombre environ 35 000 boulangeries et 12 000 fleuristes, employant près de 200 000 personnes.
Ces métiers représentent un chiffre d'affaires annuel de plus de 10 milliards d'euros.
La fermeture forcée le 1er mai leur coûtait jusqu'à présent entre 500 millions et 1 milliard d'euros par an, selon les estimations des fédérations professionnelles.
Cette mesure pourrait donc avoir un effet positif sur l'emploi et la trésorerie de ces entreprises.
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