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Les oubliés de M’béra

Intagrist el Ansari· 2 août 2026

En Mauritanie, un camp de réfugiés est devenu la deuxième agglomération du pays après Nouakchott, et une terre d’exil pour celles et ceux qui fuient un Mali en proie aux attaques des groupes jihadistes, la milice Wagner et un État défaillant. M’béra est le nom de cette ville où, depuis 2012, divers…

Résumé

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M’béra, ville de 300 000 habitants

Le camp de réfugiés de M’béra, situé dans l’extrême est de la Mauritanie à environ 1 300 kilomètres de Nouakchott, est devenu en 14 ans la deuxième plus grande agglomération du pays après la capitale, avec plus de 309 000 réfugiés maliens accueillis depuis 2012.

Cette transformation s’explique par l’afflux massif de personnes fuyant les violences au Mali, où des groupes jihadistes, la milice Wagner et un État défaillant alimentent un conflit persistant.

M’béra n’est plus un simple camp, mais une ville improvisée, où les réfugiés ont bâti une vie quotidienne malgré des conditions précaires.

Le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a souligné lors d’une conférence en 2025 que ce camp illustre la paix, la stabilité et l’hospitalité africaine offertes par la Mauritanie à ces exilés.

Le chiffre de 309 000 réfugiés inclut 7 300 nouveaux arrivants enregistrés entre octobre et décembre 2025, selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

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Origine des réfugiés

Les réfugiés de M’béra fuient principalement le Mali, un pays d’Afrique de l’Ouest en proie à une crise sécuritaire depuis 2012, marquée par des attaques répétées de groupes jihadistes comme Ansar Dine ou Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

Ces groupes profitent de l’instabilité politique et de la faiblesse de l’État malien pour étendre leur influence.

La milice russe Wagner, présente dans la région, aggrave également les tensions.

Les réfugiés mauritaniens proviennent aussi de zones où l’État malien ne peut garantir leur sécurité, comme les régions de Gao, Tombouctou ou Mopti.

Leur arrivée en Mauritanie s’inscrit dans un exode massif, où des milliers de personnes cherchent asile dans un pays voisin considéré comme plus stable et accueillant.

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Hospitalité mauritanienne

La Mauritanie est souvent citée comme un exemple d’hospitalité africaine envers les réfugiés, un concept qui désigne l’accueil chaleureux et solidaire des exilés, sans discrimination de race, de couleur, de religion ou de provenance.

Le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a souligné lors d’une conférence internationale en 2025 que son pays a offert un accueil « très chaleureux, empreint d’humanisme » aux réfugiés maliens.

Cette politique est saluée par Mohamed ag Malha, président de la coordination des réfugiés, qui déclare que « les Mauritaniens, l’État ainsi que la population, nous ont portés dans leurs cœurs ».

Cette hospitalité s’inscrit dans une tradition d’accueil en Mauritanie, où les communautés locales ont intégré les réfugiés dans leur vie quotidienne, favorisant une coexistence harmonieuse.

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Répartition géographique

Les 309 000 réfugiés maliens ne sont pas tous concentrés à M’béra, bien que ce camp en accueille la majorité.

Une partie d’entre eux vit dans les principales villes mauritaniennes, comme Nouakchott (la capitale), Nouadhibou ou Kiffa, ainsi que dans les villages de l’est du pays.

Cette dispersion reflète une stratégie d’intégration progressive, où certains réfugiés trouvent des opportunités économiques ou des liens familiaux en dehors du camp.

Cependant, M’béra reste le cœur de cette communauté, avec une densité de population comparable à celle d’une grande ville.

Les chiffres officiels pourraient sous-estimer la réalité, car il existe une confusion entre les statuts de migrants (personnes en mouvement pour des raisons économiques) et de réfugiés (personnes fuyant des persécutions ou des conflits), ce qui rend le décompte complexe.

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Rôle des institutions

Plusieurs acteurs jouent un rôle clé dans la gestion de cette crise humanitaire.

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) est l’organisation internationale chargée de protéger les réfugiés et de coordonner l’aide internationale.

Il travaille en collaboration avec l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), qui a organisé en 2025 une conférence de haut niveau pour mobiliser des fonds en faveur des réfugiés maliens en Mauritanie.

Le gouvernement mauritanien, dirigé par Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, est également un acteur central, puisqu’il supervise l’accueil des réfugiés sur son territoire et plaide pour une aide accrue de la communauté internationale.

Enfin, la coordination des réfugiés, représentée par Mohamed ag Malha, sert d’interface entre les exilés et les autorités pour défendre leurs droits et besoins.

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