Nobel : la science doit-elle être morale ?
Si le sociologue Merton a théorisé les 4 normes internes propres au champ scientifique dans les années 1940, Michael Polanyi a forgé en 1962 la notion de "République de la science" pour saisir l'autonomie d'un système où la morale, la politique et la valeur marchande ne pèsent pas sur le prestige.
Résumé
Science et autonomie
Dans les années 1940, le sociologue américain Robert K.
Merton a défini quatre normes internes essentielles au fonctionnement de la science, parmi lesquelles l’universalisme (les résultats scientifiques doivent être évalués sans considération de la personne qui les produit), le communalisme (les connaissances appartiennent à la communauté scientifique), le désintéressement (la recherche vise la vérité, pas un profit personnel) et l’organisé scepticisme (la remise en question permanente des résultats).
Ces principes visent à garantir l’autonomie de la science, c’est-à-dire sa capacité à s’autoréguler sans ingérence extérieure.
Dans les années 1960, le philosophe et chimiste hongrois Michael Polanyi a approfondi cette idée en introduisant la notion de « République de la science », un système où la morale, la politique ou les intérêts économiques ne devraient pas influencer les critères de reconnaissance scientifique.
Selon cette vision, le prestige dans la communauté scientifique repose uniquement sur la qualité des découvertes et leur validation par les pairs.
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