“On leur lave le cerveau” : la Russie envoie des enfants ukrainiens en Corée du Nord
Dans le cadre de la politique de russification, Moscou envoie des enfants issus de territoires ukrainiens occupés dans une station balnéaire nord-coréenne. Sur place, ils suivent des entraînements militaires et une éducation patriotique, révèle l’enquête du quotidien japonais “Nihon Keizai Shimbun”.
Résumé
Enfant ukrainien en Corée du Nord
En juillet et août 2025, un garçon ukrainien de 13 ans, prénommé Misha, a participé à un camp d’amitié entre jeunes nord-coréens et russes à Pyongyang, en Corée du Nord.
Misha réside dans la ville de Makiivka, située dans l’oblast de Donetsk, une région de l’est de l’Ukraine sous occupation russe depuis 2014.
Une photo le montre vêtu aux couleurs du drapeau russe, ce qui suggère une forme de représentation officielle de la Russie.
Son voyage a couvert une distance de 9 000 kilomètres entre l’Ukraine et la Corée du Nord.
Les participants à cet événement, comme Misha, ont été sélectionnés après des tests organisés dans les territoires ukrainiens occupés par la Russie.
Ces territoires sont désignés dans l’article sous le nom de « République populaire de Donetsk », une appellation utilisée par la Russie pour légitimer son contrôle sur cette zone.
Contexte politique et occupation
La région de Donetsk, où vit Misha, est sous domination russe depuis 2014, date à laquelle la Russie a commencé à étendre son influence dans l’est de l’Ukraine.
Cette occupation s’est intensifiée après l’invasion russe de l’Ukraine en 2022.
Depuis cette date, la Russie a mis en place un réseau de camps de rééducation pour les enfants ukrainiens, souvent installés dans des infrastructures existantes comme des campings ou des centres de vacances.
Ces camps visent à intégrer les jeunes dans la sphère culturelle et idéologique russe, selon des rapports cités dans l’article.
La participation de Misha à ce camp en Corée du Nord s’inscrit dans une stratégie plus large de la Russie pour promouvoir ses valeurs auprès des jeunes des territoires occupés.
Camp d’amitié et propagande
Le camp d’amitié entre jeunes nord-coréens et russes, auquel Misha a participé, est présenté comme un événement culturel et éducatif.
Cependant, son organisation par les autorités russes et nord-coréennes soulève des questions sur son véritable objectif.
Les participants, comme Misha, ont été sélectionnés après des tests, ce qui laisse supposer une forme de tri des enfants en fonction de leur adhésion aux valeurs promues par la Russie.
La Corée du Nord, connue pour son isolement et son système politique très contrôlé, est un partenaire peu probable pour un événement de ce type.
La présence de Misha, vêtu aux couleurs russes, et son voyage de 9 000 kilomètres suggèrent une volonté de la Russie d’utiliser ces enfants comme outils de propagande, tant sur la scène internationale que dans les territoires occupés de l’Ukraine.
Implications et controverses
La participation d’un enfant ukrainien à un événement organisé par la Russie et la Corée du Nord soulève des questions éthiques et juridiques.
Les camps de rééducation mentionnés dans l’article sont souvent critiqués pour leur rôle dans la lavage de cerveau des jeunes, c’est-à-dire une tentative de leur imposer une vision idéologique spécifique.
La distance parcourue par Misha, ainsi que le contexte politique tendu entre l’Ukraine et la Russie, rendent cette situation particulièrement sensible.
Les médias et les écoles des territoires occupés ont relayé des informations sur ce camp, mais les détails sur les conditions réelles de participation des enfants restent flous.
Cette affaire s’ajoute à une série de controverses concernant le traitement des enfants ukrainiens dans les zones sous contrôle russe.
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