À Chicago et au-delà, on se rassemble pour une activité cathartique : crier
Un “club de cri”, créé l’an dernier à Chicago, organise chaque semaine des événements où l’on vient pousser de longs cris en plein air. Un phénomène qui a commencé à essaimer aux États-Unis et à l’étranger.
Résumé
Origine du club
Le club de cri de Chicago a été fondé en 2024 par Emanuel Hernandez, âgé de 41 ans, et Elena Soboleva, 36 ans.
Ce couple, ayant traversé une période difficile après le déménagement d'Emanuel à Chicago, a eu l'idée de crier ensemble pour évacuer leur stress.
L'événement a rapidement gagné en popularité, attirant jusqu'à 300 participants chaque dimanche soir en été sur la promenade de North Avenue Beach, au bord du lac Michigan.
L'initiative a ensuite essaimé dans d'autres villes américaines comme Los Angeles, Austin, Washington et Miami, ainsi qu'à l'étranger, notamment à Londres et Birmingham au Royaume-Uni.
Le succès s'est amplifié grâce à des vidéos virales partagées en ligne.
Déroulement des séances
Avant de crier, chaque participant est invité à écrire sur un bout de papier ses frustrations, ses sources de colère ou son intention du moment.
Ces notes, qualifiées de biodégradables par Elena Soboleva, sont ensuite jetées à l'eau.
Cette étape symbolique vise à marquer une séparation entre les émotions négatives et le moment de libération.
Les séances se déroulent en public, ce qui contraste avec la norme sociale souvent restrictive envers les cris en groupe.
Emanuel Hernandez, praticien de la respiration consciente, souligne que cette pratique permet aux participants de se sentir plus calmes après l'exercice.
Briser un tabou social
Emanuel Hernandez explique que le succès du club repose en partie sur la transgression d'un tabou social : hurler à pleins poumons en public.
Selon lui, cette activité permet aux participants de libérer des émotions refoulées dans un cadre sécurisant et collectif.
Le concept n'est pas nouveau : dans les années 1970, la thérapie par le cri primal, développée par le psychologue Arthur Janov, avait connu un certain succès, notamment auprès de personnalités comme John Lennon.
Aujourd'hui, des psychologues comme Paola Diéguez confirment que crier peut avoir un effet apaisant, même si cette pratique reste marginale dans les approches thérapeutiques conventionnelles.
Expansion internationale
En 2025, des initiatives similaires au club de Chicago ont émergé dans plusieurs villes américaines et européennes.
À Minneapolis et Pittsburgh, des groupes de cri se sont formés spontanément, tandis qu'au Royaume-Uni, des séances ont été organisées à Londres et Birmingham.
Cependant, ces groupes britanniques semblent moins actifs sur les réseaux sociaux comparés à leurs homologues américains.
L'expansion de ces clubs reflète une tendance plus large à explorer des méthodes alternatives pour gérer le stress et les émotions, dans un contexte où les approches traditionnelles ne répondent pas toujours aux besoins individuels.
Commentaires (0)
Connecte-toi pour commenter
Se connecterAucun commentaire pour le moment.
Découvre plus de contenu sur Napseflow


