« Certaines aimeraient mourir en direct, en laissant leur téléphone ouvert » : à l’écoute des personnes âgées maltraitées
Depuis le 1ᵉʳ mars, l’Etat a mis en place une plate-forme d’écoute destinée à rapporter les maltraitances envers les seniors. La majorité des témoignages concernent des faits commis à domicile..
En février, une femme de 93 ans appelle le 3977, un numéro vert dédié aux maltraitances envers les personnes âgées ou handicapées, créé par l’État en 2008. Elle se plaint de douleurs abdominales et demande de l’aide à sa fille, qui réagit avec agressivité en criant qu’elle en a assez et en lui suggérant d’aller en Ehpad. La situation est critique : la fille a déjà giflé sa mère par le passé. L’écoutante Betty, bénévole depuis deux ans à la Fédération 3977, reconnaît la voix de la femme et note que ses appels sont fréquents. Le 3977 est un service gratuit et confidentiel qui permet aux victimes ou témoins de maltraitance de signaler des situations d’urgence ou de négligence. Les appels peuvent révéler des violences physiques, psychologiques ou des négligences graves, comme dans ce cas où la fille semble vouloir se débarrasser de sa mère pour des raisons matérielles.
Un autre appel au 3977 provient d’Orléans, où une femme signale des négligences graves dans un Ehpad (Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes). Sa mère, dont les troubles cognitifs se sont aggravés, est laissée au lit sans aide suffisante. Le personnel lui a confisqué sa sonnette et lui demande de se soulager dans sa protection sans assistance. Ces actes relèvent de négligences, définies comme un manque de soins ou d’attention pouvant mettre en danger la santé ou la dignité d’une personne. Betty conseille à l’appelante de signaler ces faits au conseil de vie social, une instance présente dans chaque Ehpad qui regroupe des représentants des familles, du personnel et des résidents pour veiller au bien-être des personnes hébergées. Les Ehpad sont des structures médicalisées destinées aux personnes âgées dépendantes, mais des dérives peuvent y survenir, comme le montrent ces témoignages.
Betty, écoutante bénévole au 3977, illustre le rôle des écoutants dans la lutte contre les maltraitances. Ces bénévoles, formés pour écouter et orienter, reçoivent des appels variés : violences familiales, négligences en Ehpad, ou demandes d’aide urgentes. Leur mission est d’écouter sans juger, de recueillir des informations précises et de guider les appelants vers des solutions adaptées, comme contacter les services sociaux, la police ou les instances internes aux Ehpad. Le 3977 fonctionne comme un premier maillon dans la chaîne de protection : il permet de recueillir des témoignages et de documenter des situations de maltraitance, même si la suite de l’article, réservée aux abonnés, n’est pas accessible ici. Ces écoutants jouent un rôle clé dans la détection des abus, souvent invisibles ou minimisés, et dans la sensibilisation du public à ces enjeux.
Les appels reçus par le 3977 révèlent des réalités souvent cachées : maltraitance familiale, négligences institutionnelles ou pression économique. En 2008, l’État a créé ce numéro vert pour offrir une réponse spécifique aux personnes âgées ou handicapées victimes de violences ou de négligences. Les chiffres montrent que ces situations sont loin d’être rares : les écoutants comme Betty sont confrontés à des cas graves, parfois répétés, où des proches ou des professionnels abusent de leur position de confiance. Les Ehpad, bien que conçus pour offrir un cadre sécurisé, peuvent aussi devenir des lieux de maltraitance en raison de sous-effectifs, de manque de formation ou de priorités mal comprises. Ces témoignages soulignent l’importance de signaler les abus et de renforcer les mécanismes de contrôle pour protéger les personnes vulnérables.

