Dormir 80 minutes de moins par nuit pendant six semaines suffit à faire prendre du poids, révèle une étude de Columbia
Pour ne pas grossir avec l'âge, on pense d'abord à surveiller son assiette et à bouger davantage. Le manque de sommeil, lui, passe souvent inaperçu dans l'équation. Rogner un peu sur ses nuits, semaine après semaine, suffirait pourtant à faire pencher la balance.
Résumé
Étude de Columbia
Une étude menée par des chercheurs de l'université Columbia aux États-Unis a révélé qu'une réduction de 80 minutes par nuit du temps de sommeil pendant six semaines peut entraîner une prise de poids.
Cette recherche, publiée en juillet 2026, s'inscrit dans le cadre des travaux sur les liens entre sommeil et métabolisme.
Les scientifiques ont observé que cette diminution du sommeil, même temporaire, perturbe les mécanismes biologiques régulant l'appétit et l'énergie.
Les participants à l'étude, des adultes en bonne santé, ont vu leur poids augmenter en raison de modifications hormonales et comportementales.
Par exemple, le manque de sommeil augmente la production de ghréline, une hormone stimulant la faim, tout en réduisant celle de leptine, une hormone favorisant la satiété.
Ces changements expliquent pourquoi les personnes privées de sommeil ont tendance à consommer davantage de calories, notamment des aliments riches en sucres et en graisses.
Méthodologie de l'étude
Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs de Columbia ont recruté des volontaires adultes en bonne santé et les ont divisés en deux groupes.
Le premier groupe a maintenu une durée de sommeil normale, tandis que le second a réduit son temps de sommeil de 80 minutes par nuit pendant six semaines.
Les participants ont été suivis de près, avec des mesures régulières de leur poids, de leur apport alimentaire et de leurs niveaux hormonaux.
Les résultats ont montré que le groupe privé de sommeil avait pris en moyenne 0,5 kg à 1 kg de plus que le groupe témoin.
Les chercheurs ont également noté une augmentation de la consommation de calories, principalement due à des choix alimentaires moins sains.
Cette étude met en lumière l'importance du sommeil dans la régulation du poids et la prévention de l'obésité.
Mécanismes biologiques
La prise de poids observée dans cette étude s'explique par des mécanismes biologiques précis.
Le manque de sommeil perturbe l'équilibre de deux hormones clés : la ghréline et la leptine.
La ghréline, produite par l'estomac, signale au cerveau qu'il est temps de manger et stimule l'appétit.
À l'inverse, la leptine, sécrétée par les cellules graisseuses, envoie un signal de satiété au cerveau.
Une réduction du sommeil augmente les niveaux de ghréline et diminue ceux de leptine, ce qui pousse les individus à manger davantage.
De plus, le manque de sommeil affecte le métabolisme des glucides, favorisant le stockage des graisses.
Ces perturbations hormonales et métaboliques créent un cercle vicieux où le manque de sommeil entraîne une augmentation de l'appétit, qui à son tour aggrave les problèmes de poids.
Implications pour la santé
Les résultats de cette étude soulignent les risques pour la santé associés à un sommeil insuffisant, même sur une période relativement courte.
Une prise de poids de 0,5 kg à 1 kg en six semaines peut sembler modeste, mais elle s'inscrit dans un contexte plus large où l'obésité et les troubles métaboliques sont des enjeux majeurs de santé publique.
Les chercheurs de Columbia rappellent que le manque de sommeil chronique est un facteur de risque connu pour des maladies comme le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires et certains cancers.
Cette étude renforce donc l'idée que le sommeil joue un rôle central dans la régulation du poids et la prévention des maladies.
Elle incite également à repenser les politiques de santé publique pour intégrer davantage la question du sommeil dans les campagnes de prévention.
Recommandations pratiques
Face à ces résultats, les chercheurs de Columbia recommandent de maintenir une durée de sommeil suffisante pour préserver la santé.
Pour un adulte, cela signifie idéalement dormir entre 7 et 9 heures par nuit.
Ils suggèrent également d'adopter des habitudes favorisant un sommeil de qualité, comme éviter les écrans avant de se coucher, maintenir un horaire de sommeil régulier et créer un environnement propice au repos.
Ces mesures simples peuvent aider à prévenir les perturbations hormonales et métaboliques liées au manque de sommeil.
L'étude rappelle aussi que le sommeil n'est pas un luxe, mais une nécessité biologique essentielle au bon fonctionnement de l'organisme.
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