Guide d'élaboration du programme d'activité des sociétés de gestion de portefeuille et des placements collectifs autogérés -
18.0 La position-recommandation DOC-2012-19 indique comment renseigner les rubriques du dossier d'agrément (dont le programme d'activité) et des fiches complémentaires. Elle apporte notamment des précisions sur la règle des "quatre yeux", l'accès à la qualité de membre de marché, l'analyse crédit, la délégation et....
Ce document, publié par l'AMF (Autorité des Marchés Financiers), un régulateur français indépendant chargé de superviser les marchés financiers et de protéger les investisseurs, a pour but d'aider les sociétés de gestion de portefeuille (entreprises spécialisées dans la gestion d'actifs financiers pour le compte de clients) et les placements collectifs autogérés (fonds d'investissement gérés par leurs propres investisseurs sans intermédiaire professionnel) à élaborer leur programme d'activité. Ce programme détaille les activités prévues, les risques associés et les mesures de contrôle mises en place pour garantir la conformité aux règles financières. L'AMF impose ce cadre pour assurer la transparence et la protection des épargnants, en alignant les pratiques des acteurs sur les standards européens. Le guide s'inscrit dans un contexte de renforcement de la régulation financière post-crise de 2008.
Le guide s'appuie sur le Règlement Général de l'AMF (RG AMF), un ensemble de règles contraignantes qui encadrent les activités des acteurs financiers en France. Ces règles sont complétées par des doctrines (comme le document DOC-2012-19), qui précisent les attentes de l'AMF en matière de gouvernance, de gestion des risques et de reporting. Par exemple, les sociétés de gestion doivent déclarer leurs activités à l'AMF via des plateformes dédiées comme GECO (Gestion des Entreprises et des Organismes de placement collectif), une base de données centralisée. Les placements collectifs autogérés, souvent des fonds d'investissement alternatifs, sont soumis à des obligations similaires pour éviter les conflits d'intérêts ou les pratiques abusives.
Le programme d'activité doit inclure plusieurs éléments clés pour être validé par l'AMF. D'abord, une description détaillée des activités prévues, comme la gestion de portefeuilles, les stratégies d'investissement ou les services annexes (conseil, audit). Ensuite, une analyse des risques (marché, crédit, liquidité, opérationnel) avec des mesures pour les atténuer, comme des limites de concentration ou des procédures d'urgence. Le programme doit aussi préciser les ressources humaines et techniques mobilisées, notamment les compétences des équipes et les outils utilisés pour le suivi des investissements. Enfin, il inclut un plan de continuité d'activité pour faire face à des crises (cyberattaques, défaillances techniques).
Avant d'être mis en œuvre, le programme doit être soumis à l'AMF pour approbation via une déclaration électronique sur la plateforme GECO. L'AMF examine la cohérence du programme avec les règles en vigueur, notamment en matière de protection des investisseurs et de stabilité financière. Si des lacunes sont identifiées, l'AMF peut demander des modifications ou refuser l'agrément. Une fois validé, le programme doit être mis à jour régulièrement (au moins une fois par an) ou en cas de changement significatif (nouvelle activité, fusion, crise). Les sociétés de gestion doivent conserver une trace des versions successives pour justifier leur conformité.
L'AMF dispose de pouvoirs étendus pour sanctionner les manquements au programme d'activité. En cas de non-respect des règles, elle peut imposer des amendes (jusqu'à plusieurs millions d'euros selon la gravité), ordonner des mesures correctives (restructuration des portefeuilles, suspension d'activités) ou retirer l'agrément de la société. Par exemple, en 2023, l'AMF a sanctionné une société de gestion à hauteur de 1,5 million d'euros pour avoir omis de déclarer des conflits d'intérêts. Les contrôles sont réalisés via des inspections sur place ou des demandes de documents, avec une fréquence variable selon le profil de risque de l'acteur. Les investisseurs peuvent aussi signaler des anomalies via le médiateur de l'AMF.
Pour accompagner les sociétés de gestion et les placements collectifs autogérés, l'AMF met à disposition plusieurs outils. La **BDIF** (*Base des Décisions et Informations Financières*) recense les décisions de l'AMF et les jurisprudences, utile pour anticiper les attentes du régulateur. Le **guide de l'information périodique** (DOC-2016-05) précise les obligations de reporting financier, tandis que les **modalités de dépôt électronique** (DOC-2007-03) détaillent les procédures pour transmettre les documents. Enfin, des **listes blanches** (comme celle des intermédiaires agréés) permettent de vérifier la légitimité des partenaires. Ces ressources sont accessibles gratuitement sur le site de l'AMF.

