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Les Émirats arabes unis cherchent l’apaisement avec l’Iran, “entre pragmatisme et realpolitik”

Courrier International· 29 juillet 2026

Après avoir été le plus vindicatif des pays arabes du Golfe vis-à-vis de Téhéran, Abou Dhabi s’est fait une raison : mieux vaut soigner les relations avec le grand voisin iranien. Ne serait-ce que pour l’importance des liens économiques tissés de longue date entre les deux pays.

Résumé

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Crise et tensions récentes

Les Émirats arabes unis (EAU) et l’Iran ont connu une période de fortes tensions depuis le début de la guerre israélo-américaine contre l’Iran.

Selon le Financial Times, les EAU, souvent perçus comme les plus faucons (c’est-à-dire les plus agressifs) parmi les pétromonarchies du Golfe, ont joué un rôle actif dans ce conflit.

Ils ont notamment mené des raids aériens contre l’Iran, tout en étant la cible de près de 3 000 attaques par missiles et drones iraniens.

Cette escalade a marqué la plus grande crise entre les deux pays depuis l’indépendance des EAU en 1971.

Le terme faucons désigne ici des États ou des dirigeants qui privilégient une politique étrangère agressive ou interventionniste, par opposition aux colombes, plus enclines à la diplomatie.

Les pétromonarchies du Golfe sont les six monarchies de la péninsule arabique (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Koweït, Bahreïn et Oman) riches en pétrole et en gaz.

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Volonté d'apaisement

Malgré ce passé conflictuel, les EAU montrent désormais une volonté claire de réduire les tensions avec l’Iran.

Cette approche s’inscrit dans une logique de pragmatisme et de realpolitik (une politique étrangère guidée par des intérêts concrets plutôt que par des idéaux).

Les EAU ont abandonné l’espoir d’un changement de régime en Iran et préfèrent désormais composer avec le gouvernement iranien actuel.

Cette stratégie est motivée par des raisons géographiques et économiques : les EAU sont « otages de la géographie », car ils partagent une frontière maritime avec l’Iran dans le golfe Persique, et dépendent fortement des échanges commerciaux avec ce pays.

Par exemple, un cageot de tomates à 1,20 € ne peut provenir que d’Iran, illustrant l’interdépendance des deux économies.

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Enjeux économiques

L’Iran représente un marché de consommateurs important pour les EAU, notamment pour Dubaï, qui sert de plateforme de commerce et de réexportation pour les biens iraniens.

Environ plusieurs centaines de milliers d’Iraniens vivent à Dubaï, et les EAU ont autorisé le retour de 20 000 d’entre eux après les avoir encouragés à quitter le pays en raison de tensions antichiites.

Les échanges commerciaux reprennent progressivement, avec la réouverture de vols iraniens à l’aéroport de Dubaï et la reprise de la navigation des dhows (bateaux traditionnels en bois) entre les deux pays pour transporter des marchandises.

Les responsables émiratis ont également exprimé leur intérêt pour des investissements en Iran une fois la guerre terminée.

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Acteurs clés de la détente

La politique de détente avec l’Iran est portée par trois des frères de Mohammed ben Zayed, l’homme fort d’Abou Dhabi et dirigeant de facto des EAU.

Il s’agit de Tahnoon, Mansour et Abdullah, qui occupent respectivement les postes de conseiller pour la sécurité nationale, vice-président et ministre des Affaires étrangères.

Tahnoon est notamment connu pour sa ligne modérée envers l’Iran.

Cette stratégie de rapprochement s’accompagne paradoxalement d’un renforcement de l’alliance militaire des EAU avec les États-Unis et d’un rapprochement avec Israël, montrant la complexité de la diplomatie émiratie.

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