NapseflowNapseflow
Géopolitique

De Trump à Milei, l’extrême droite mondiale fait son miel de la crise à Ceuta

Courrier International · mis à jour il y a 3 h

Au-delà de l’Europe, les dirigeants des États-Unis et d’Argentine ont instrumentalisé au maximum les images de migrants passés dans l’enclave espagnole depuis le Maroc. L’occasion de jeter l’opprobre sur le gouvernement du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez et d’installer l’idée trompeuse d’une “invasion”..

Crise migratoire à Ceuta

En juillet 2026, entre 50 000 et 60 000 migrants en provenance du Maroc ont franchi illégalement la frontière de Ceuta, une enclave espagnole située en Afrique du Nord. Ceuta est une ville autonome espagnole, entourée par le territoire marocain, ce qui en fait un point de passage stratégique pour les migrations vers l’Europe. La situation a provoqué un chaos logistique et politique, les autorités locales peinant à gérer un afflux aussi massif de personnes en si peu de temps. Les images et vidéos de cette crise ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux, devenant un sujet central de débat public.

Instrumentalisation par l'extrême droite

Des figures de l’extrême droite internationale, comme l’ancien président américain Donald Trump et son vice-président J.D. Vance, ainsi que des dirigeants européens, ont exploité les images de la crise à Ceuta pour alimenter leur discours politique. Trump a qualifié la situation de catastrophe et d’invasion, affirmant que cela pourrait arriver aux États-Unis si les républicains n’étaient pas élus lors des élections de mi-mandat de novembre 2026. J.D. Vance a partagé un lien vers un extrait de Fox News, une chaîne conservatrice américaine, présentant de manière trompeuse les migrants comme arrivant dans le nord de l’Espagne plutôt qu’à Ceuta. Ces propos visent à renforcer l’idée d’une menace migratoire et à mobiliser l’électorat autour de thèmes comme la sécurité des frontières.

Réactions internationales

La journaliste Anne Applebaum, dans The Atlantic, souligne que les images de Ceuta ont été délibérément conçues pour être diffusées par l’extrême droite internationale afin de semer la peur. Elle note que des hauts membres du gouvernement Trump et des dirigeants de l’extrême droite européenne ont relayé ces images, souvent en les déformant pour amplifier leur impact. Par exemple, Trump a évoqué une invasion, un terme qui désigne généralement une entrée massive et organisée de troupes ennemies, mais qui est ici utilisé pour décrire un mouvement migratoire. Cette stratégie vise à discréditer les gouvernements en place, comme celui du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, en les accusant de ne pas contrôler les frontières.

Cas de Javier Milei

Javier Milei, président argentin d’extrême droite, a également saisi l’occasion pour critiquer les politiques migratoires européennes. Bien que l’Argentine ne soit pas directement concernée par la crise de Ceuta, Milei a utilisé cet événement pour renforcer son image de leader conservateur et anti-immigration. Il a exploité la situation pour promouvoir une vision restrictive des frontières, s’alignant sur les discours de l’extrême droite mondiale. Milei, connu pour ses positions radicales, voit dans cette crise une opportunité de se positionner comme un acteur clé de la droite internationale.

Ce que ça pourrait changer

La crise de Ceuta a révélé des tensions au sein de l’Union européenne concernant la gestion des migrations. Certains pays, comme l’Espagne, ont été critiqués pour leur incapacité à gérer l’afflux de migrants, tandis que d’autres ont refusé de participer à une réponse coordonnée. Cette absence de solidarité a affaibli la position de l’UE face à la crise, donnant davantage de poids aux discours anti-immigration. Les images de Ceuta ont ainsi servi de catalyseur pour les partis d’extrême droite, qui les utilisent pour promouvoir des politiques restrictives et rejeter les principes de libre circulation au sein de l’UE.

Sujets complémentaires