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Moins calorique et exposant à un piège mortel : une étude révèle pourquoi le cannibalisme disparaissait toujours

Auriane Polge· 30 juillet 2026

Le cannibalisme refait surface quelque part à chaque époque, puis disparaît presque aussi vite qu'il est apparu. Deux chercheurs ont voulu comprendre ce qui met fin à la pratique, encore et encore. Leur explication ne doit rien au dégoût ni à la morale.

Résumé

1

Cannibalisme éphémère

Le cannibalisme, bien que récurrent dans certaines sociétés à travers l’histoire, ne persiste jamais longtemps.

Selon une étude récente menée par deux chercheurs, cette pratique disparaît presque systématiquement après une période limitée.

Leur analyse montre que cette disparition n’est pas liée à des raisons morales ou culturelles, comme le dégoût ou la pression sociale, mais à des facteurs plus concrets.

Les auteurs ont étudié plusieurs cas historiques et ethnographiques pour comprendre les mécanismes sous-jacents à cette tendance.

Leur approche se base sur des données quantitatives et qualitatives, sans se limiter à des interprétations subjectives.

2

Risque sanitaire majeur

Les chercheurs ont identifié un risque sanitaire comme principal facteur d’extinction du cannibalisme.

En effet, cette pratique expose les individus à des maladies mortelles, notamment des encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST), un groupe de maladies neurodégénératives causées par des agents pathogènes appelés prions.

Ces prions, présents dans les tissus humains, peuvent se transmettre par ingestion et déclencher des maladies comme le kuru, une EST observée chez certaines populations de Papouasie-Nouvelle-Guinée au XXe siècle.

Les auteurs soulignent que la mortalité associée à ces maladies a joué un rôle clé dans l’abandon du cannibalisme.

3

Avantage évolutif

L’étude révèle que le cannibalisme, bien que moins calorique que d’autres sources de nourriture, offre un avantage évolutif à court terme.

En période de famine ou de stress alimentaire, cette pratique permet de survivre en consommant des protéines et des graisses présentes dans les tissus humains.

Cependant, cet avantage est temporaire, car les risques sanitaires l’emportent rapidement sur les bénéfices nutritionnels.

Les chercheurs estiment que les individus qui évitent le cannibalisme ont une espérance de vie plus longue, ce qui favorise la transmission de leurs gènes et la disparition progressive de cette pratique dans la population.

4

Mécanisme de sélection

Les deux chercheurs ont modélisé le mécanisme de sélection naturelle à l’œuvre dans l’abandon du cannibalisme.

Leur modèle montre que les individus qui évitent cette pratique ont un avantage reproductif, car ils survivent plus longtemps et transmettent leurs gènes à une descendance plus nombreuse.

À l’inverse, ceux qui pratiquent le cannibalisme meurent plus jeunes en raison des risques sanitaires, réduisant ainsi leur contribution génétique à la population.

Ce mécanisme explique pourquoi le cannibalisme disparaît systématiquement, malgré son utilité ponctuelle en situation de crise.

5

Preuves historiques

Les auteurs s’appuient sur des preuves historiques pour étayer leur hypothèse.

Par exemple, le kuru, une maladie liée au cannibalisme, a décimé des populations en Papouasie-Nouvelle-Guinée au XXe siècle.

L’arrêt des pratiques cannibales dans ces communautés a coïncidé avec une baisse significative de la mortalité due au kuru.

De même, d’autres cas de cannibalisme, comme ceux observés chez certaines tribus amazoniennes ou dans des contextes de survie extrême, ont disparu après des épidémies de maladies neurodégénératives.

Ces exemples illustrent comment le risque sanitaire a pu influencer l’évolution des pratiques culturelles.

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