Au cours du 20e siècle, les armées ont elles fait usage de stupéfiants ou de substances psychotropes ?
Depuis toujours, des soldats sont allés au combat en ayant absorbé au préalable quelques substances, drogues destinées à leur donner du courage. Pendant des millénaires, ce fut le plus souvent […] L’article Au cours du 20e siècle, les armées ont elles fait usage de stupéfiants ou de substances psychotropes ? est apparu en premier sur Guerres et Histoire..
Depuis l’Antiquité, les soldats ont consommé des substances pour affronter les combats. Pendant des millénaires, l’alcool était la drogue la plus répandue. Il servait à calmer la peur ou à donner un faux courage, mais ses effets (endormissement, désinhibition) limitaient son utilité en situation de combat. À partir du XXe siècle, les armées ont cherché des alternatives plus efficaces pour maintenir la vigilance et la performance des soldats sous stress extrême.
Dans les années 1930, des chercheurs découvrent les amphétamines, une classe de substances stimulantes. Contrairement à l’alcool, ces produits maintiennent les individus éveillés et alertes. Leur utilisation se généralise rapidement parmi les pilotes d’avions, notamment ceux engagés dans des missions longues ou intenses. Ces substances deviennent un outil stratégique pour les armées, car elles permettent de repousser les limites physiques et mentales des combattants.
En 1940, les troupes allemandes utilisent massivement la pervitine, une amphétamine produite par le laboratoire Temmler. Cette substance est administrée en grande quantité aux soldats, en particulier aux parachutistes lors de l’assaut des forts belges d’Eben-Emael. L’objectif était de leur donner un avantage psychologique et physique pour accomplir des missions périlleuses. Son usage intensif illustre une stratégie militaire basée sur la stimulation chimique des troupes.
En 1954, lors de la bataille de Dien Bien Phu, les soldats français consomment du Maxiton, un stimulant équivalent à la benzédrine américaine. Cette substance est prise à haute dose pour résister à l’épuisement et aux conditions extrêmes du combat. Certains soldats ont pu tenir plus longtemps que les limites humaines normales, mais d’autres se sont effondrés brutalement après un pic d’énergie. Cet épisode montre les risques liés à l’usage de stimulants en situation de guerre prolongée.
Pendant la guerre du Vietnam (1955-1975), des rumeurs ont circulé sur la consommation de drogues par les soldats américains. Cependant, aucune étude officielle n’a confirmé un usage systématique ou ordonné par la hiérarchie militaire. Les recherches menées après le conflit révèlent que certains soldats prenaient des substances stimulantes de manière individuelle, notamment des pilotes d’avions et d’hélicoptères. Ces pratiques restaient marginales et non organisées, contrairement à d’autres conflits où les amphétamines étaient distribuées officiellement.
L’usage de stimulants comme la **dexedrine** ou les **dextroamphétamines** était particulièrement répandu parmi les pilotes d’aéronefs, aussi bien pendant la Seconde Guerre mondiale que pendant la guerre du Vietnam. Ces substances permettaient de maintenir une vigilance optimale lors de missions longues ou de combats intenses. Leur consommation était souvent tolérée, voire encouragée, car elle améliorait la performance opérationnelle. Cependant, les effets secondaires (nervosité, épuisement post-effet) pouvaient être dangereux pour la sécurité des vols.

