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IA et reconnaissance faciale : le Royaume-Uni inaugure la police « proactive »

Next.ink · mis à jour il y a 2 h

Un système de reconnaissance faciale en temps réel (LFR) déployé dans plusieurs milliers de magasins va alerter la police en temps réel lorsqu’il identifie les « délinquants les plus dangereux ». La police de Londres, qui revendique 2 000 arrestations grâce à la LFR depuis 2024, veut élargir à l’ensemble de la population un « […].

Nouveau système Facewatch

Facewatch est une technologie de reconnaissance faciale développée par une entreprise britannique, utilisée par plus de 100 enseignes comme Sainsbury’s ou Spar. Son objectif est d’identifier en temps réel les personnes déjà condamnées pour des délits, notamment des voleurs à l’étalage. Le système envoie automatiquement des alertes à la police dès qu’une correspondance est établie, avec un délai moyen de quatre secondes. Cette fonctionnalité sera testée à l’automne 2026. Facewatch revendique un taux de réussite de 99,98 % et affirme avoir envoyé 57 000 alertes en juin 2026, ainsi que près de 300 000 signalements de récidivistes sur les six derniers mois. L’entreprise se présente comme détenant la plus grande base de données privée sur la criminalité au Royaume-Uni, alimentée par les signalements de ses clients. Chaque alerte inclut des images, un pourcentage de certitude (supérieur à 99 %), et des détails sur les infractions commises.

Critères et limites du système

Facewatch définit les délinquants les plus dangereux comme des personnes ayant un historique de récidive, mais l’article ne précise pas les critères exacts pour les inclure dans la base de données. Les alertes sont générées après une double vérification algorithmique et humaine, avec un seuil de certitude minimal de 99 %. Cependant, des erreurs sont possibles : des personnes ont déjà été refoulées de magasins à tort, comme le souligne l’ONG Liberty, qui dénonce une approche orwellienne où l’on est considéré comme coupable jusqu’à preuve du contraire. Facewatch utilise les serveurs AWS (Amazon Web Services) pour héberger ses données et effectuer des contrôles supplémentaires. Le système permet aussi aux commerçants de signaler de nouveaux suspects, sous réserve de fournir une déclaration officielle d’un témoin et des motifs raisonnables.

Reconnaissance faciale policière

La Metropolitan Police (Met) de Londres a annoncé en juin 2026 son intention d’étendre l’utilisation de la reconnaissance faciale en temps réel (LFR) dans sept quartiers de la ville dès 2027. Une expérimentation menée à Croydon entre octobre 2025 et mai 2026 a permis 173 arrestations, dont celle d’une femme recherchée depuis plus de 20 ans. Sur 470 000 personnes filmées, une seule fausse alerte a été enregistrée. Depuis 2024, la LFR a conduit à plus de 2 000 arrestations et contribué à une baisse de 10,5 % de la criminalité, selon la Met. Cette réduction pourrait aussi être attribuée à la présence accrue de policiers sur le terrain, qui interagissent avec le public pour répondre aux inquiétudes liées à la surveillance. Les caméras ne sont activées que lors des déploiements policiers.

Ce que ça pourrait changer

Facewatch et la Met présentent leurs résultats comme une avancée majeure dans la lutte contre la criminalité, avec des chiffres impressionnants : 70 % de réduction de la délinquance pour Facewatch, et des baisses significatives des violences faites aux femmes et aux filles selon la Met. Cependant, ces affirmations sont contestées. L’ONG *Liberty* souligne que le système repose sur des suspicions et non sur des preuves, ce qui pose des questions éthiques. De plus, les critères de sélection des *délinquants les plus dangereux* ne sont pas transparents, et les risques de fuites de données ou d’erreurs persistent. Les défenseurs des droits humains craignent une normalisation de la surveillance de masse, où la technologie prime sur les libertés individuelles.

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