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Sciences humaines

Über die digitale Erinnerungsarbeit deutschsprachiger Gedenkstätten auf TikTok – Part 3: Digitale Stolpersteine

Hypothèses (OpenEdition) · mis à jour 27 janv.

Posted in: de.hypothesesIm letzten Teil dieser Blogserie ziehen Liv Ohlsen und Hans-Ulrich Wagner ein erstes Resümee und ide....

TikTok et l'histoire

TikTok, une plateforme sociale principalement connue pour ses vidéos courtes et divertissantes, intègre depuis quelques années des contenus éducatifs, notamment sur l'histoire. Les Historytoks désignent des vidéos TikTok qui abordent des sujets historiques de manière accessible et visuelle. Dans cet article, les auteurs analysent comment des mémoriaux allemands dédiés aux victimes de la Shoah (comme ceux de Dachau, Mauthausen ou Neuengamme) utilisent cette fonctionnalité pour toucher la Génération Z, c'est-à-dire les jeunes nés entre la fin des années 1990 et le début des années 2010. Ces mémoriaux, souvent liés à des lieux de mémoire comme d'anciens camps de concentration, adaptent leur travail de mémoire à un format numérique et interactif. L'objectif est de rendre l'histoire compréhensible et engageante pour un public jeune, tout en préservant la gravité du sujet.

Succès des vidéos

Les vidéos publiées par les mémoriaux sur TikTok rencontrent un succès croissant. Par exemple, un contenu de Dachau en 2024 a enregistré 2 386 clics, tandis qu'un vidéo de Mauthausen en 2023 a atteint 13 600 clics. Le mémorial de Neuengamme se distingue particulièrement avec 36 800 abonnés et plus de 564 000 likes. Ces chiffres montrent un intérêt marqué pour ces formats, surtout pour les vidéos les plus récentes. Les commentaires des utilisateurs révèlent une réception positive, avec des messages de remerciement pour le travail de mémoire effectué. Certains utilisateurs indiquent même que ces vidéos les incitent à approfondir leurs connaissances, comme en témoigne un commentaire : « Je n'avais jamais entendu parler d'elle. Il est temps de chercher et de lire… Merci pour ce post [smiley souriant] ».

Rôle des présentateurs

Dans les vidéos, les présentateurs jouent un rôle central en tant qu'intermédiaires entre les victimes de la Shoah et le public. Ils ne se substituent pas aux témoignages directs des survivants, mais ils racontent leurs histoires, expliquent le contexte historique et guident le spectateur à travers les lieux de mémoire. Ce phénomène est appelé parasoziale interaction en sciences des médias : les utilisateurs développent un lien émotionnel avec les présentateurs, comme en témoignent des commentaires tels que « Ta voix est si apaisante » ou « Très bien raconté [emoji cœur] ». Les présentateurs adoptent différents modes de narration : explication, visite des lieux, dialogue direct avec le public, ou mise en perspective des événements. Leur présence rend les contenus plus humains et accessibles, tout en restant des médiateurs neutres.

Gestion des commentaires

Les sections de commentaires sous les vidéos sont majoritairement utilisées pour exprimer de la gratitude envers les mémoriaux. Cependant, elles peuvent aussi contenir des échanges sur des connaissances historiques supplémentaires, comme des recommandations de livres ou des corrections factuelles. Malgré cela, les responsables des mémoriaux doivent gérer des commentaires problématiques, notamment des discours de haine ou des distorsions de l'Holocauste (minimisation, négation ou révisionnisme). Selon Dr. Iris Groschek, responsable des réseaux sociaux du mémorial de Neuengamme, environ un commentaire sur trois est problématique dans les vidéos virales. Les outils de modération, comme les listes de mots-clés bloqués, permettent de limiter ces dérives, mais leur efficacité varie selon l'engagement des utilisateurs.

Impact et limites

Les vidéos TikTok, bien que courtes et percutantes, soulèvent des questions sur leur efficacité à long terme. Leur format snackable (consommation rapide) permet une première sensibilisation, mais il est difficile d'évaluer dans quelle mesure les spectateurs retiennent les informations ou modifient leurs perceptions. Les auteurs soulignent que ces contenus s'inscrivent dans un champ expérimental appelé « Holocaust on TikTok », qui interroge les méthodes de transmission de la mémoire historique à l'ère numérique. Des études récentes, comme celles de Marcus Bösch (2023) ou Tobias Ebbrecht-Hartmann et Tom Divon (2024), explorent comment ces plateformes influencent la compréhension de l'histoire et les attitudes des jeunes générations.

Ce que ça pourrait changer

Plusieurs acteurs jouent un rôle central dans cette dynamique. Les mémoriaux allemands, comme ceux de Dachau, Mauthausen ou Neuengamme, sont les principaux créateurs de contenus. Ils sont soutenus par des chercheurs comme Liv Ohlsen et Hans-Ulrich Wagner, qui analysent ces pratiques dans le cadre du *Leibniz-Institut für Medienforschung | Hans-Bredow-Institut (HBI)*. Des institutions comme la *Bundeszentrale für politische Bildung* (Agence fédérale pour l'éducation politique) publient également des rapports sur l'utilisation de TikTok pour l'enseignement de l'histoire. Enfin, des initiatives comme la *Shoah Education and Commemoration Initiative* de TikTok visent à encadrer ces contenus pour éviter les dérives.

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